replay du culte

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LE TEXTE DE LA PRÉDICATION, par la pasteure Béatrice Clero-Mazire

Dans le deuil : vivre »

Esaïe 38, 10-19

Je me disais : quand mes jours sont en repos, je dois m’en aller aux portes du séjour des morts. Je suis privé du reste de mes années !

Je disais : Je ne verrai plus le Seigneur (Yah), le Seigneur (Yah), sur la terre des vivants ; je ne contemplerai plus aucun être humain parmi les habitants du monde !Ma demeure est enlevée et exilée loin de moi, comme une tente de berger ; comme un tisserand j’enroule ma vie. Il m’arrache du métier. Du jour à la nuit tu m’auras achevé !Je me suis contenu jusqu’au matin ; comme un lion, il brisait tous mes os, du jour à la nuit tu m’auras achevé !Je poussais des petits cris comme une hirondelle en voltigeant, je gémissais comme la colombe ; misérable, je levais les yeux en haut : Seigneur, je suis oppressé, sois mon garant ! Que dirai-je ? Il m’a répondu, et c’est lui-même qui a agi. Je marcherai humblement pendant toutes mes années, à cause de mon amertume. Seigneur, c’est par tes bontés que l’on vit, c’est par elles que je respire encore ; tu me rétablis, tu me rends à la vie. Mon amertume s’est changée en paix. Toi, tu t’es épris de moi au point de me retirer de la fosse du néant, car tu as rejeté derrière ton dos tous mes péchés. Car ce n’est pas le séjour des morts qui te célébrera, ce n’est pas la mort qui te louera ; ceux qui descendent dans le gouffre n’espèrent plus rien de ta loyauté. Le vivant, le vivant, c’est celui-là qui te célèbre, comme moi aujourd’hui ; le père fait connaître aux fils ta loyauté.

« Comme un tisserand, j’enroule ma vie. Il m’arrache du métier » Ces propos sont prêtés au roi Ezéchias dans le livre du prophète Esaïe. Le roi était malade et se croyait voué à la mort, mais après sa guérison, il peut raconter ce qu’a été pour lui cette épreuve. Ézéchias raconte comment il a dû faire le deuil de sa propre vie : « quand mes jours sont en repos, je dois m’en aller aux portes du séjour des morts. Je suis privé du reste de mes années ! »

Il a dû accepter que sa vie soit retirée du métier où se tissent les relations qui nous construisent.

Cette image du métier à tisser est extraordinaire pour parler de l’impression que procure l’état de deuil, qu’il soit deuil de sa propre vie, dont on sait qu’elle va s’achever prochainement ou deuil de la vie d’un proche, dont on a à subir la perte et le manque.

La situation de deuil, le fait de devoir renoncer à garder, de se résoudre à perdre, est un des faits religieux des plus fondamentaux, si ce n’est le fondement même de la religion. C’est dans cette expérience que l’être humain prend conscience de sa finitude. En voyant les autres mourir et en projetant sa propre mort sur les deuils successifs qu’il a à endurer tout au long de sa vie. Je parle de l’être humain, mais les animaux eux-mêmes éprouvent le deuil et ont besoin de le transformer en symbole pour pouvoir le traverser. L’éléphant ne s’arrête-t-il pas à chaque transhumance vers les points d’eau, à l’endroit même où un congénère est tombé mort sur la piste, bien des années avant ?

Le vivant trouve sans doute sa transcendance dans cette expérience de devoir finir, arrêter les relations sans lesquelles la vie est impossible, arrêter et ne pas pouvoir empêcher cet arrêt.

Le roi Ezéchias prend conscience de sa dépendance à l’Eternel quand il réalise que la maladie l’a fait passer très près de la mort. Il s’est imaginé mourant, il s’est vu mort et pourtant il a un répit qui lui permet de comprendre sa vulnérabilité et son incapacité à empêcher sa propre fin. Arraché du métier à tisser de la vie, il n’aura plus de projets, plus de bonheurs, et, dans le cas de sa maladie : plus de paix, puisqu’il doit aller vers la mort dans la souffrance. Le malade est comparé à de petits oiseaux fragiles : l’hirondelle qui pousse des cris stridents en voltigeant dans le ciel quand vient le soir lorsqu’il faut retrouver le nid familial et la colombe, dont la douceur lui donne l’aspect le plus vulnérable qui soit ; les textes bibliques la présente toujours comme un animal plaintif.

Le roi Ezéchias apprend aussi l’humilité dans son épreuve, et fait l’expérience des adiaphora, ces choses qu’on ne peut pas changer, d’après le philosophe Épictète.

Cette notion d’adiaphora est centrale dans la philosophie stoïcienne où seule la vertu est le bien véritable et le vice, un mal véritable. Les autres choses qui affectent la vie sont appelées adiaphora ou choses indifférentes à l’humain du point de vue moral. La santé, la richesse, la maladie, la pauvreté, la vie, la mort, sont d’un point de vue stoïcien, indifférents, dans le sens où ces choses ne peuvent pas affecter la qualité morale d’une personne, elles n’influencent pas les vertus et les vices, elles adviennent de l’extérieur et l’être humain n’est ni meilleur ni pire quand il est malade, ou riche, ou bien portant. Zénon de Citium, voulait libérer l’être humain de ces choses qui adviennent sans qu’on puisse les changer, en les tenant pour indifférentes au regard de la morale. Il distingue ainsi ce sur quoi nous pouvons agir, de ce qui est indifférent, les adiaphora. Épictète résumera cette idée en disant que les adiaphora sont ce qui ne dépend pas de nous.

Le deuil fait partie de ces adiaphora. C’est un événement qui nous arrive et auquel nous ne pouvons rien changer.

La mort d’un proche advient, fait une coupe dans le réel là où il en est, à l’instant où elle survient, et laisse les survivants dans cette situation de perte sans qu’ils n’y soient pour rien.

Pourtant la situation de l’endeuillé prend vite une connotation morale et il lui est demandé d’être moralement affecté par cet événement qui est venu trancher dans le cours de sa vie. Je dis qu’il lui est demandé d’être moralement affecté, car même si la peine de la perte de l’être cher est infinie, socialement, cela ne suffit pas toujours à définir l’endeuillé. La veuve, le veuf, l’orpheline, l’orphelin ou les parents privé d’enfant, sont attendus dans un rôle social qui les place, au moins pour un temps dans une catégorie morale différente de celle des autres.

Nous avons toutes et tous en tête les vêtements noirs du deuil qui, dans nos contrées signifient la non-couleur, la non-joie, la nuit et la peine. Il existait aussi la couleur du demi-deuil : le violet, qui signifiait qu’une veuve avait traversé, vêtue de noir la période socialement prescrite et pouvait passer à la période suivante, celle d’une vie sociale plus conviviale mais toujours pas tout à fait comme celle des autres personnes qui n’étaient pas affectées par un deuil. Arrêter les horloges, surtout pas de musique, en somme arrêter la vie de ceux qui restent.

L’histoire du deuil est peuplée d’injonctions qui touchent d’ailleurs plutôt les femmes que les hommes et demandent aux veuves d’afficher un comportement vertueux qui vise à pleurer l’être aimé et à lui rester complètement liée alors même qu’elles sont vivantes et eux décédés.

Rares sont, pour les hommes, les injonctions a observer la même posture. Il est même recommandé qu’un veuf reprenne vite une vie normale, et donc , dans le langage de la tradition, une vie maritale. Quant aux parents dont l’enfant est décédé, il n’existe pas de règle sociale pour eux, tant leur situation est taboue. La langue française n’a d’ailleurs pas de mot pour dire qu’on est un parent en deuil de son enfant.

On pourrait imaginer que les marques extérieures du deuil servent à entourer davantage la personne survivante, et qu’en sa qualité d’endeuillée, elle jouisse d’une plus grande attention, d’une plus grande bienveillance. Mais être endeuillé n’est pas une vertu, comme le disait Zénon, c’est une adiaphora, c’est la société traditionnelle qui y place des valeurs morales et entend règlementer les liens sociaux et affectifs. Et cette société traditionnelle voit le deuil comme une rupture qu’il faut vite colmater sous peine de voir l’équilibre d’une communauté vaciller.

Dans la Bible, on le voit très souvent, ce sont les veuves qui posent problème. De femmes dépendantes des hommes qu’elles étaient, elles deviennent des bouches à nourrir par la communauté. Les apôtres de Jésus seront même chargés de s’occuper spécialement de ces femmes, souvent trop vieilles pour appartenir à un autre homme ou parfois trop jeune pour qu’on les laissent libres de choisir une nouvelle existence. On mariait donc celles qui pouvaient encore l’être et l’on redîmait celles qui étaient certes trop vieilles, (entendez : pour procréer et donc se marier) mais qui souvent avaient des biens propres, ne serait-ce que leur diadème de mariage laissé en dot.

La mort laisse un espace vide, que les organisations sociales s’empressent d’occuper, même symboliquement pour que la fiction qui sert à faire société puisse agir et garder dans son intégrité le corps social.

Aujourd’hui pas de tentures noires aux portes des maisons, plus de vêtements de deuil au-delà des obsèques, encore moins de demi-deuil et la vie sociale doit reprendre rapidement son cours sans laisser voir les ruptures qui affectent ce corps social pressé.

Pourtant, les mêmes pertes, les mêmes vides, les mêmes solitudes, parfois plus cruelles encore que celles vécues dans les sociétés traditionnelles, les mêmes deuils se vivent. Même adiaphora, qui s’abattent sur une famille, sur l’homme ou la femme seule, sur l’enfant isolé.

Le même chagrin de ne plus vivre ensemble, le même vertige d’une vie sans vis-à-vis, le même tourment de ne pas savoir ce qu’il faut faire de cette peine-là. S’arrêter dans la conservation du souvenir ? Vivre à moitié, puisqu’un être vous manque qui était une part de vous ? Vivre en sourdine, par respect pour la mort ?

Aujourd’hui nous allons lire les noms des défunts inscrits au registre de notre église et pour qui la bonne nouvelle de Jésus-Christ, mort et ressuscité a été annoncée en ce lieu au moment de leur décès.

Lire ces noms pourrait être, outre la mémoire de leur vie, le cri de l’hirondelle ou celui de la colombe plaintive. Peut-être que lire ces noms sera entendu comme une plainte, une amertume, une nostalgie, un retour dans le deuil.

Nommer, dans la Bible, revient à créer. Car distinguer, séparer par le langage, ce fameux logos créateur, c’est sortir du chaos. De la confusion entre ténèbre et lumière, entre jour et nuit, entre ciel et terre.

Chaque vie de chaque personne nommée ici était et reste singulière et c’est cette existence particulière que nomment les noms que nous allons lire. C’est aussi le lieu de distinguer entre vie et mort. Entre ceux qui sont partis et ceux qui restent et à qui la vie est offerte en vocation.

Si nous nommons la résurrection des morts comme on nomme la mort, alors Jésus-Christ est vaincu. Si nous renvoyons à la mort celles et ceux pour qui la résurrection a été annoncée, alors nous les vouons à une seconde mort et nous restons dans la perte et dans le néant du deuil.

Je voudrais ce matin emmener celles et ceux qui ont vécu un deuil vers ce que le roi Ézéchias décrit ainsi : « Toi, tu t’es épris de moi au point de me retirer de la fosse du néant (…) Car ce n’est pas le séjour des morts qui te célébrera, ce n’est pas la mort qui te louera ; ceux qui descendent dans le gouffre n’espèrent plus rien de ta loyauté. Le vivant, le vivant, c’est celui-là qui te célèbre, comme moi aujourd’hui. »

Loin des injonctions moralisantes à rester dans les liens qui nous lieraient à la mort, une voie de la vie est offerte aux survivants des défunts. Cette voie, c’est celle qui nous suscite à nouveau pour vivre pleinement la vie que Dieu nous offre par grâce, en abondance, comme l’eau d’un baptême renouvelée après la rupture de la mort.

Si nous autres protestants, nous n’avons pas de culte des morts, si nous ne vénérons aucune dépouille mortelle, si nous n’avons pas de culte des saints, c’est parce que la Réforme a annoncé la libération des vivants, de toute peur, de tout imaginaire morbide qui amènerait le croyant à vivre sa vie comme l’antichambre du jugement dernier.

La grâce que Jésus-Christ a annoncé par sa vie même est le chemin qui nous est proposé et qui tient pour des adiaphora les ruptures qui jalonnent nos vies. Il ne s’agit pas d’oublier, il s’agit de vivre et comme le dit le trentième chapitre du Livre du Deutéronome : de choisir la vie afin de vivre.

Alors, si le Dieu tisserand a enroulé la vie de celles et ceux que nous aimons, si ces tapisseries de vie ont été arrachées du métier, il nous faut nous remettre à notre propre tapisserie, pour que par notre vie, la résurrection de celles et ceux qui nous précèdent dans la mort, soit manifeste et que ce qui advient ne nous empêche pas de faire le bien que nous pouvons, de vivre le bonheur promis, et de propager l’amour du prochain dans nos engagements, dans notre travail, dans nos relations pendant que nous sommes vivants.

« Seigneur, c’est par tes bontés que l’on vit, c’est par elles que je respire encore »

AMEN.

LA LITURGIE

Culte des défunts à l’Oratoire du Louvre

1er Novembre  2026

Culte par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Accompagné à l’orgue par David Cassan 

Orgue

Annonce de la grâce

la grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus notre frère. 

Bienvenue

Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret inséré au début du psautier. Bénissons Dieu le seul sauveur. 

( Chant spontané debout )

Louange 

L’Éternel est mon berger : je ne manque de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la vie juste,
A cause de son nom.

 

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de l’adversité ;
Tu oins d’huile ma tête,
Et ma coupe déborde.

 

Oui, le bonheur et la grâce m’accompagnent
Tous les jours de ma vie,
Et je reviendrai, j’habiterai dans la maison de l’Éternel
Jusqu’à la fin de mes jours.

(l’assemblée reste debout)

Cantique 

Psaumes 25, 1,2,3,4 “ À Toi, mon Dieu mon coeur monte”

(l’assemblée s’assied)

Volonté de Dieu

Dans l’Evangile de Marc il est écrit :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, 
de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.C’est là le grand et le premier commandement,
et voici le second, qui lui est semblable :Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Il n’y a pas d’autre commandement plus grands que ceux-là. 

( Chant spontané debout )

Repentance 

A toutes les tisserandes du monde

Dieu est assise et pleure,
La merveilleuse tapisserie de la création
Qu’elle avait tissée avec tant de joie
Est mutilée, déchirée en lambeaux, réduite en chiffons,
Sa beauté saccagée par la violence.

Dieu est assise en pleurant,
Mais voyez, elle rassemble les morceaux
Pour tisser à nouveau.

Elle rassemble les lambeaux de nos tristesses,
Les peines, les larmes, les frustrations
Causées par la cruauté, l’écrasement,
L’ignorance, le viol, les tueries.

Elle rassemble les chiffons du dur travail.
Des essais de plaidoyers.
Des initiatives pour la paix,
Des protestations contre l’injustice,
Toutes ces choses qui semblent petites et faibles,
Les mots et les actions offertes en sacrifice,
Dans l’espérance, la foi, l’amour.

Et voyez !
Elle retisse tout cela
Avec les fils d’or de l’allégresse
En une nouvelle tapisserie,
Une création encore plus riche, encore plus belle,
Que ne l’était l’ancienne !

Dieu est assise, tissant
Patiemment, avec persistance
Et un sourire qui rayonne comme un arc-en-ciel
Sur son visage baigné de larmes.

Et elle nous invite
Non seulement à continuer à lui offrir
Les lambeaux et les chiffons de notre souffrance
Et de notre travail,
Mais bien plus que cela :
À prendre place à ses côtés,
Devant le métier de l’allégresse
Et à tisser avec elle
La Tapisserie de la création nouvelle.

(M. Riensiru, Conseil Œcuménique des Églises)

( Chant spontané debout )

Annonce du pardon 

Quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu, quand les collines chancelleraient, ma bonté pour toi ne faiblira pas, et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée, Je t’aime d’un amour éternel dit le Seigneur, et je te garde ma miséricorde. 

AMEN

( Chant spontané debout )

Confession de foi (debout ) nous partageons maintenant une

Nous croyons en Dieu 

Malgré son silence et son secret nous croyons qu’Il est vivant ; 

malgré le mal et la souffrance, nous croyons qu’Il a fait le monde 

pour le bonheur et pour la vie ; malgré les limites de notre raison 

et les révoltes de notre cœur, nous croyons en Dieu. 

Nous croyons en Jésus-Christ 

Malgré les siècles qui nous séparent de lui, nous croyons en sa parole, 

malgré sa faiblesse et sa pauvreté, nous croyons que sa

mort est notre vie, malgré nos incompréhensions et nos refus nous croyons en sa résurrection. 

Nous croyons en l’Esprit Saint. 

Malgré les apparences, nous croyons qu’Il conduit l’Église. Malgré la mort, nous croyons en la résurrection, 

malgré l’ignorance et l’incrédulité, 

nous croyons que le royaume 

de Dieu est pour tous les hommes.

Amen

 

( Chant spontané debout ) Note : à la fin de ce chant, l’assemblée reste debout en attendant cette doxologie : 

Doxologie

« Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Lecture du passage de la Bible médité. 

Esaïe 38, 10-19 

Cantique

Cantique 400, 1,2,3.  “J’ai soif de ta presence”

Prière 

Le Pont 

J’avais devant les yeux les ténèbres, L’abîme

Qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime

Était là, morne, immense ; et rien n’y remuait. 

Je me sentais perdu dans l’infini muet. 

Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile, 

On apercevait Dieu comme une sombre étoile. 

Je m’écriai : —Mon âme, Ô mon âme ! Il faudrait, 

Pour traverser ce gouffre où nul bord n’apparaît, 

Et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches, 

Bâtir un pont géant sur des millions d’arches. 

Qui le pourra jamais ? Personne ! Ô deuil ! Effroi !

Pleure ! — Un fantôme blanc se dressa devant moi

Pendant que je jetait sur l’ombre un oeil d’alarme , 

Et ce fantôme avait la forme d’une larme ; 

C’était un front de vierge avec des mains d’enfants ; 

Il ressemblait au lys que la blancheur défend

Ses mains en se joignant faisaient de la lumière. 

Il me montra l’abîme où va toute poussière, 

Si profond, que jamais un écho n’y répond, 

Et me dit : — Si tu veux, je bâtirai le pont. 

Vers ce pâle inconnu je levais ma paupière, 

— Quel est ton nom ? Lui dis-je . Il me dit : — la prière. 

Victor Hugo, Jersey, décembre 1852

Jeu d’orgue

Prédication : « dans le deuil : vivre » 

Jeu d’orgue 

Lecture des noms des défunts. 

1 John Keith HART

2 Paul BLIEK 

3 Édouard DEMAZURE

4 Anne BOULMIER

5 Danielle DUVAL

6 Jean-Louis MARMIER

7 Francine CARON 

8 Benoît AURIOL

9 Jacqueline LAVIEVILLE

10 Jean-Noël RACHET

11 Yves BOURGADE

12 Didier BOEGNER 

13 Jean-Pierre CLERO 

14 Robert ERIGNAC

Cantique 

La grâce est joie : (sur feuille) 

Annonces 

Collecte 

Intercession

« Parfois, il incombe à une génération de faire preuve de grandeur. 

Vous pouvez être cette grande génération ». Nelson Mandela

« L’impatience de vivre » 

Ils sont impatients de vivre, les jeunes qui défilent partout dans les rues 

Ils ne veulent plus survivre à la mort annoncée de nos services publics, 

De nos acquis sociaux, de notre école gratuite et républicaine

Ils sont impatients de vivre, ceux qui travaillent et ne peuvent pas se loger, 

Ceux qui choisissent entre manger et se chauffer

Ceux qui jeûnent pour étudier

Ils sont impatients de vivre les diplômés négligés, 

Les apprentis délaissés, 

Les autodidactes oubliés 

Ils sont impatients de vivre les migrants qui nous servent 

Les réfugiés privés du droit de travailler

Les employés éternellement étrangers et sans papier 

Toustes impatients de vivre et de construire demain, 

Toustes impatients de vivre sans peur du lendemain

Toustes impatients de vivre 

Alors elles marchent, ils chantent,  

Pour la liberté, l’égalité, la fraternité qui semblent être oubliées 

Dans la patience immense de leurs parents et grands parents

Germait une impatience qui éclate aujourd’hui 

Contre le mépris, contre les systèmes de haine, contre les profits coupables

C’est court le temps d’une vie, Ils ont raison d’être impatients. 

Notre Père  (debout) 

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer dans la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen. 

Bénédiction 

Frères et soeurs, allez annoncer l’Evangile dans ce monde, il n’y en a pas d’autre. C’est ce monde que Dieu nous apprend à aimer. 

Recevons la bénédiction de Dieu 

Le Seigneur de nous bénit et nous garde. 

Répond : Bénis Ô Dieu nos routes 

Orgue