- Accueil
- Actualités
- partage biblique
- TEXTE DE LA PRÉSENTATION DE QOHELET DU 30 MAI 2028
texte de la (re) présentation de Qohelet, donnée au Temple de l'Oratoire du Louvre, le samedi 30 mai 2026
QOHELET en dialogue
télécharger le PDF : TEXTE DE LA (RE)PRÉSENTATION DE QOHELET, 30 MAI 2026, TEMPLE DE L’ORATOIRE
Pièce en 1 acte.
Texte : Nouvelle traduction de la Bible, édition Bayard, traduction Marie Borel, Jacques Roubaud, Jean L’Hour.
Découpage, conseil, mise en scène: Robert Philipoussi.
Musique : Myriam Saab
PERSONNAGES ET LECTEURS/ LECTRICES
LE QOHELET : Robert Philipoussi, Thiebault Delarue, Catherine Dujardin
« L’AUTRE » (une voix de la sagesse qui semble contredire le Roi/ Qohelet, pour finalement que leurs paroles se conjuguent à la fin) : Nicole Dupont
« LE PRÉSENT ÉPHÉMÈRE » qui est la voix de notre groupe: Alain de Castries.
AU PIANO : MYRIAM SAAB
Le Qohelet est debout, près de son siège
PIANO
LE PRESENT EPHEMERE
Issu de notre travail biblique, en 2026, nous disons que c’est un texte théâtral, mis en scène à l’aide d’une expression antique et poétique. Somme toute, le roi comme les autres n’est qu’un simple mortel malgré son pouvoir absolu ! « Le roi se meurt », comme le remarque, de nos jours, Ionesco . On peut comparer cet écrit à un grand lamento furioso de la condition humaine ; il forme une assemblée horizontale où tout semble à égalité devant la finalité. Quel est l’endroit de l’envers et l’envers de l’endroit ? Déjà dans le livre des rois on trouve cette sagesse prophétique sous la forme d’un pamphlet républicain : au peuple alors la possibilité de se diriger par lui-même. La destruction du royaume a remis en question l’ordre monarchique, tout comme le Quohelet remue la relativité des pouvoirs.
L’Autre entre en scène, s’assoit, attentive.
L’AUTRE :
Paroles de Qohélet, Fils de David, Roi, à Jérusalem
Vanité dit Qohélet
Hével Havalim dit Qohelet…
LE QOHELET
Tout est vain ! Que reste-t-il à l’homme de son travail et de sa peine sous le soleil ? Une génération vient, une génération va…
Et la terre reste !
Le soleil se lève, le soleil se couche, il court vers sa demeure, d’où il se lève…là !
Vers le sud vers le nord le vent souffle le vent tourne…et revient sur ses pas .
Les torrents vont vers la mer – la mer insatiable – les torrents vont vers la mer….où ils ne
cessent d’aller.
Toutes les paroles sont infirmes. Comment pourrait l’homme dire ? Comment l’œil se combler de voir et l’oreille d’entendre…
Ce qui fut, cela sera. Ce qui s’est fait …se refera.
Rien de nouveau sous le soleil. On te dit : Regarde voilà du nouveau ! Mais cela fut déjà, de tout temps, avant nous !
Tout s’oublie des choses passées et s’oubliera des choses qui viennent qui s’en iront sans souvenir avec ceux qui seront les derniers.
LE PRESENT EPHEMERE
Quohelet peut être aussi comparé à un auteur usant de dialectique qui, comme Paul, dira tout et son contraire ! Mais aussi, comme dans la Grèce antique, comparé à une structure dramatique parlante dont le chœur révèle toute la complexité humaine. Mais attention, Qohelet est un roi absolu de droit divin, sa parole peut elle être partagée par tous lui qui ne s’exprime que par le «moi, je »? l’Autre est là, pour l’équilibre…
Moi, Qohélet, j’étais roi. J’ai été roi d’Israël. J’ai régné sur Jérusalem. J’ai mis mon cœur à chercher, à déchiffrer avec sagesse, tout ce qui se passe sous le ciel…
– Triste métier donné par Dieu pour…occuper le fils de l’homme
J’ai vu moi toutes les choses qui se font sous le soleil, je dis moi tout est fumée, poursuite du
vent. Ce qui est courbe ne sera plus droit, ce qui n’est pas ne sera jamais compté. Je me suis
dit ceci : j’ai surpassé en sagesse tous les rois de Jérusalem avant moi et de savoir mon cœur
est plein. J’ai donné mon cœur pour avoir la sagesse et la connaissance . Sottise et folie, j’ai
connu : poursuite du vent !
Tant de sagesse, tant de douleur.
Tant de savoir ?
Tant de pleurs…
LE PRESENT EPHEMERE
Voilà bien une parole post exil. N’oublions pas que la parole en hébreu est synonyme de production ; Dieu et création « de » et « par » la parole. C’est pourquoi ce texte veut faire assemblée, ce n’est pas un texte athée, c’est un texte d’autorité de la parole, de la parole royale. Un discours de séduction et de performance qui veut engendrer le bonheur malgré un arrière plan qui apparaît comme sinistre, perdu a priori dans la futilité, la buée, la vapeur !
En mon cœur je me suis dit : va, éprouve la joie. Vois le bonheur, vois…Et vois que cela est vain. J’ai dit au rire : fou ! A la volupté, j’ai dit : quoi ?
En mon cœur j’ai étudié comment saoûler ma chair et la sagesse guidant mon cœur comment saisir la folie,
jusqu’à ce que je sache : où est le bien des fils de l’homme ?
Leurs œuvres sous le ciel ? Le compte des jours de leur vie ?
J’ai vu grand. Je me suis bâti des palais j’ai construit des vignes des jardins des parcs des arbres de tout fruit des bassins d’eau pour irriguer les arbres naissant pour moi les servantes, les serviteurs les enfants étaient à moi le bétail gros et menu tout en abondance personne avant moi personne n’a été plus riche à Jérusalem.
J’ai amassé l’argent et l’or la fortune des rois et des provinces chanteurs chanteuses délices.
Une femme ? Des femmes !
J’ai grandi.
J’ai accumulé plus qu’avant moi personne à Jérusalem. Jamais la sagesse ne m’a quitté.
Je n’ai rien refusé à mes yeux de ce qu’ils désiraient, à mon cœur, aucune joie, mon labeur fut
sa joie, sa joie, l’héritage de ma peine.
Et j’ai regardé moi toutes ces œuvres gagnées de mes mains.
Tout est fumée, voilà, tout est vain. Et poursuite du vent.
Rien ne reste sous le soleil.
J’ai vu moi, la sagesse, la sottise, la folie – ceux qui viendront après le roi que feront-ils qui
déjà n’a été fait ?
J’ai vu, j’ai vu…
« La sagesse l’emporte sur la bêtise, comme le jour l’emporte sur la nuit »
Le sage ? Et sa lumière dans la tête. L’idiot ? Perdu dans la nuit, s’en vont. Mais je sais moi,
que ce qui vient à l’un, vient à tous.
En mon cœur je me suis dit : à quoi bon être sage ?
A quoi bon tous ces biens !
Et en mon cœur j’ai dit : cela est vain. Tout cela est fumée aussi.
L’éternité sans souvenir prendra le sage et le fou.
Les jours passent.
Tout s’oublie…
Le sage meurt comme l’idiot !
LE PRESENT EPHEMERE
Il est vrai que c’est une constante de l’éternité, une suite de fragments de vies ; malgré le progrès et la science, la question demeure mais ne s’aborde plus de la même manière. Aujourd’hui, le débat est plus ouvert et la pensée ne dépend plus forcément de la hiérarchie ; depuis les Lumières elle est ouverte et tend plutôt vers … la terre ou le ciel et pourquoi pas vers une complémentarité des deux ! La sottise évolue autant que la sagesse…
J’ai pris haine de la vie, puisque tout est pourri. Sous le soleil tout est vain. Poursuite du vent !
Mon travail ? Je l’ai haï. J’ai peiné sous le soleil…
Et je devrai laisser tout à celui qui viendra après moi ?
Il sera sage, il sera sot… Il sera maître de mon travail, de ma sagesse, sous le soleil. Vanité !
Et j’ai vu – désespoir ! – le travail travaillé sous le soleil. J’ai agi avec savoir, sagesse,
compétence…
Et je laisserai tout à qui quelqu’un qui n’aura rien fait !
C’est vain, c’est mal, rien ne reste à l’homme de son travail. Rien du désir de son cœur sous le
soleil. Douleurs ses jours, déception, son cœur veille même la nuit. Tout est vain.
Manger, boire, plaire à son âme par son travail ne sont pas au pouvoir de l’homme.
Dans la seule main de Dieu, je l’ai vu
« Qui peut manger, ou jouir, sans moi ? »
PIANO MASSIF ET BREF
LE PRESENT EPHEMERE
Grand lamento du pouvoir, il y a toujours quelqu’un au-dessus, même pour le pouvoir absolu ; celui-ci a alors les mains libres pour commettre des exactions au nom de Dieu comme nous le savons par l’Histoire et l’actualité mais, apparemment, ce n’est pas le cas du Qohelet qui prêche l’humilité et la soumission ; apparence de la sagesse ou peur de la folie ?
A qui lui plaît, Dieu donne sagesse, savoir et joie. A qui lui déplaît la tâche d’amasser pour
qu’en hérite…qui lui plaira. Poursuite du vent !
PIANO
L’AUTRE
Une saison pour tout, un temps pour tout désir sous le ciel.
LE PRESENT EPHEMERE
Attention, auditeurs, spectateurs, ici pour nous, l’expression « le temps pour » signifie l’occasion favorable parce que tout est fondé sur la génération du jour qui en disparaissant annonce la suivante, un temps nouveau et ainsi de suite. La ligne fugitive de l’être !
L’AUTRE
Une temps pour faire naître,
un temps pour mourir, un temps pour planter, un temps pour arracher le plan, un temps pour
tuer, un temps pour guérir, un temps pour détruire, un temps pour bâtir, un temps pour
pleurer, un temps pour rire, un temps pour le deuil, un temps pour danser, un temps pour
jeter les pierres, un temps pour amonceler, un temps pour s’étreindre, un temps pour se
séparer, un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour préserver, un temps
pour jeter, un temps pour mettre en pièces, un temps pour coudre, un temps pour se taire…
Un temps pour parler, un temps pour aimer.
Un temps pour haïr, un temps la guerre.
Un temps la paix.
LE PRESENT EPHEMERE
Devant toute cette accumulation temporelle éructée par le Qohelet, une fois de plus, l’approche varie selon l’époque. La loi humaine évolue sans pour autant s’opposer au commandement divin « tu ne tueras pas, ou tu ne commettras pas de meurtre » suivant la traduction… Ainsi pouvons nous dire aujourd’hui que « un temps pour tuer » peut être un moment juste, dans certains cas : tout est affaire de choix et de conscience :Vaut-il mieux laisser accéder à la vie une cellule en devenir, un embryon atteindre un corps lorsque l’on ne pourra pas l’élever en de bonnes conditions soit pour raisons sociales, soit pour raisons médicales !
Et le droit à mourir dans la dignité ! Encore un cas lié au progrès de la science qui malgré les soins dits palliatifs peut être, lui aussi, un libre choix !
Tout doit dépendre de l’encadrement civil afin de ne pas aller à la dérive qui permettrait de pratiquer l’euthanasie pour toute autre raison que celle du choix individuel appliqué à soi-même ! L’éthique d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui.
LE QOHELET
Quel fruit de son travail pour celui qui travaille ? Dieu n’a donné aux enfants de l’homme que peine pénible sous le soleil !
L’AUTRE
Dieu fit toutes choses belles à son heure. Il a mis dans les cœurs le temps éternel
LE QOHELET
Mais l’homme ne comprend jamais l’œuvre de Dieu, de son commencement, à sa fin. Rien n’est bon, je le sais !
L’AUTRE
Que faire bon et se réjouir ! L’homme, qu’il mange ou qu’il boive, s’il est heureux dans son labeur a tout reçu en don de Dieu.
LE PRESENT EPHEMERE
Cependant, le narrateur n’est pas seul. L’écrit est un support du plaisir pour le plaisir d’écrire afin d’aboutir à l’échange comme dans tout travail : il faut attendre un plaisir du travail et particulièrement ici celui de l’écriture et du soliloque, à l’image de la jubilation solitaire de l’écrivain, le bonheur d’un profit gratuit, la déculpabilisation totale du don ! Jouir de la vie pour traverser le vent, la fumée et la buée…
LE QOHELET
Je sais ! « Tout ce que Dieu a fait sera pour toujours », on n’y peut rien ajouter, rien retrancher. Dieu fait craindre sa face ! Ce qui fut déjà le fut, ce qui doit être fut déjà.
L’AUTRE
Dieu retrouve ce qui s’est perdu.
(Le Qohélet se lève)
LE QOHELET J’ai vu sous le soleil encore, au lieu du jugement, j’ai vu la faute. Là, au lieu du droit, j’ai vu le coupable. En mon cœur, je me suis dit : innocent, coupable ? Dieu jugera ! Il y a un temps pour toute affaire, et pour tout ce qui s’est fait, là.
En mon cœur je me suis dit : Dieu éprouve les fils de l’homme, pour qu’ils voient qu’ils sont des bêtes. Qu’ils ne sont que cela ! Le destin des fils de l’homme, celui des bêtes, est le même. L’un meurt, comme l’autre. Il n’y a qu’un souffle pour tous, l’homme n’a rien que n’a la bête, fumée, fumée, tout est vent !
« Et ils s’en iront vers le lieu unique, tous sont venus de la poussière, à la poussière, tous reviendront ». Le souffle des fils de l’homme, qui sait s’il monte vers le ciel ? Qui sait si le souffle des bêtes tombe lui vers la terre ? Rien de bon pour l’homme ! Je l’ai vu !
L’AUTRE
…Que sa part de travail heureux. Qui l’amènera voir jamais ce qui viendra après lui ?
LE QOHELET
J’ai vu.
J’ai vu l’oppression sous le soleil, j’ai vu pleurer les opprimés. Pour eux, pas de consolation. J’ai vu la force des oppresseurs… Pas de consolation ! Et j’ai félicité les morts d’être déjà morts, je n’ai pas félicité les vivants d’être toujours en vie. Mieux vaut encore celui qui n’a jamais été, il n’aura pas vu le mal sous le soleil…
Et j’ai vu, moi. J’ai vu le labeur, l’œuvre, parfaite… C’est jalousie de chacun pour chacun. Poursuite du vent. L’idiot se tourne les pouces, mais il se nourrit lui…de sa propre chair…
Mieux vaut un doigt de repos, que deux doigts de labeur, et poursuite du vent !
J’ai vu, j’ai vu une autre chose vaine, vanité, sous le soleil. Sans même un fils, sans même un
frère, chaque « un », tout seul – travail sans fin- de richesses ? Jamais assez, vanité !
Pour qui tout mon labeur. Pourquoi me refuser le bonheur ? Tout est partie nulle…
(Il s’assoit, accablé)
L’AUTRE
Deux sont plus qu’un…
LE QOHELET
Un seul labeur, double salaire…
L’AUTRE
A deux, quand l’un tombe, l’un relève l’autre !
LE QOHELET
Mais celui tombé seul, qui le relèvera ?
L’AUTRE Si deux sont couchés, l’un réchauffe l’autre !
LE QOHELET
Mais celui couché seul, qui le réchauffera ?
L’AUTRE
Seul, tu seras vaincu, deux ferait face…Triplé, le fil…
LE QOHELET …Casse ! Plus lentement…
L’AUTRE Meilleur est l’enfant pauvre et sage, que le vieux roi fou, qui n’entend rien !
LE PRESENT EPHEMERE
Encore un stéréotype qui demeure vivant aujourd’hui, le mythe de l’innocence à travers l’enfant et sa vérité proverbiale : « la vérité sort toujours de la bouche des enfants ». Sagesse populaire ou déni du non dit !
LE QOHELET
De sa prison, l’enfant sortira pour régner – même né pauvre !- dans le royaume du vieux roi. J’ai vu tous les vivants qui vont sous le soleil suivre le jeune roi se levant pour régner. Infinie est la foule derrière lui.
Jusqu’au dernier, aucun n’aura de joie.
Poursuite du vent, encore une fois.
(Le Qohélet marche et s’installe, à genoux, pour prier)
LE PRESENT EPHEMERE
L’Ecclésiaste est il un texte dépressif qui repose sur la sédimentation des problématiques (temps,travail, expérience, constat etc.). Le fait de constater que rien ne change c’est déjà comprendre que l’envers contient un renouveau, non dit, un possible progrès car suivant la définition du temps : le nouveau est déjà corrompu parce qu’il va disparaître. Il y a dans la permanence des comportements humains un regard qui fait toujours le nouveau.
L’AUTRE
Surveille tes pas si tu vas vers la maison de Dieu. Approche-toi. Ecoute et ne sacrifie pas comme ces idiots. Ils ne savent même pas faire le mal.
Ne précipite pas ta bouche. Ne hâte pas ton cœur de parler devant Dieu. Dieu est au ciel et toi sur terre. Que tes paroles soient rares. Trop de souci, mauvais sommeil. Trop de paroles, sottises. Ce que tu voues à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir. Pas de grâce pour l’idiot. Ce que tu voues à Dieu, accomplis. Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir. Ne laisse pas ta bouche faire faillir ta chair. Ne prétends pas devant le messager…
(Le Qohelet regarde l’Autre pour la première fois)
… qu’il s’agissait d’une erreur. Pourquoi donner à Dieu l’occasion de s’emporter contre ta voix. Il détruirait l’œuvre de tes mains.
Rêves sans nombre. Mots innombrables. Fumée des fumées. Crains Dieu (sourire)
LE QOHELET
Dans les provinces sans justice, sans procès, le pauvre est opprimé.
LE PRESENT EPHEMERE
Il est intéressant de constater que lorsque la réflexion du soliloque se transforme en dialogue, même s’il s’agit d’un dialogue monologue, il y a ouverture et réflexion : la parole est alors plus accessible à tous et donne, à chacun des auditeurs et des lecteurs et des spectateurs, collectivement, la possibilité du choix intérieur…
L’AUTRE
Les grands de ce monde veillent sur les grands de ce monde et de plus grands encore veillent sur eux tous.
LE QOHELET
Il faut, au pays des champs travaillés, un roi !
L’AUTRE …D’argent ? Tu ne seras pas rassasié. A la richesse, tu n’auras rien gagné. Fumée, fumée ! Tant de bouches mangent son bien. Le maître n’a que le regard de ses yeux. Le sommeil est doux au travailleur, qu’il mange peu ou beaucoup. La richesse ne donne au riche ni le repos, ni le sommeil.
LE QOHELET
Maladie des maladies, je l’ai vue sous le soleil, richesse, misère du riche !
Sa richesse évaporée en quelque mauvaise affaire, la main du fils qu’il engendre se fermera sur plus rien. Comme du ventre de sa mère il sortit nu, nu, il ira, allant comme il était venu et dans ses mains plus rien ne sera. Et comme il est venu il s’en ira, ayant travaillé et pourquoi ? Maladie des maladies, pour du vent ! Jour après jour, il mange, dans le noir, la douleur, la maladie, la colère.
L’AUTRE
J’ai vu moi ! C’est bon, c’est beau, manger boire travailler. Bonheur. Travailler sous le soleil le nombre des jours que Dieu donne. Part de l’homme. Dons de Dieu à l’homme. Richesse, nourriture, travail. En jouir ? Don de Dieu. Nul souvenir des jours de sa vie ? Dieu l’occupe à son bonheur.
LE QOHELET
J’ai vu le mal. Sous le soleil un mal interminable pèse sur l’homme. Dieu lui donne tout, rien ne manque à son désir. Mais jouir de ces dons, Dieu ne donne pas. Un étranger en jouira ! Tout est mauvais, tout est mal, et malade. Il aura engendré cent fois, vécu longtemps, les jours nombreux, des nombreuses années. Rien ne comblera son désir. Il n’aura même pas de tombe. Je dis, plus heureux que lui l’avorton qui est venu dans un souffle, s’en est allé avec le noir et de noir son nom s’est couvert, il n’aura même pas vu le soleil et aura le repos que n’aura
personne.
Même s’il vit mille ans deux fois…Il ne verra pas le bonheur. « Tout s’en va au lieu unique ».
Tant de travail, tout jeter dans sa bouche, le gosier jamais rassasié. Qu’a le sage que n’a pas l’idiot ? Qu’aurait le pauvre qui saurait vivre chez les vivants? Mieux, la vision des yeux, que la courbe du désir. Cela aussi, fumée, et poursuite du vent.
(Le Qohelet quitte son lieu de prière et regagne son siège)
L’AUTRE
Ce qui fut a été nommé. L’humain, contre plus fort, il perd toujours. Innombrables paroles humaines. Et après ? Fumée des fumées. Qui dira, humain, ce qui est bon des jours de la vie vaine. Ils passent comme une ombre. Qui dira ce qui viendra après l’humain sous le soleil ? (Fumée…)
PIANO
LE PRÉSENT EPHEMERE
A quoi bon espérer quand on connaît la finalité « tout va au lieu unique » ? Interrogation éternelle qui trouve une réponse différente dans le temps marquant ainsi l’évolution humaine dans la foi ou non : dans les temps anciens c’est la crainte de Dieu qui domine dans la soumission de l’humain ; aujourd’hui la tendance est autre, l’humain s’ouvre au divin au-delà des dogmes, au désespoir ancien s’oppose l’espérance venue avec la révélation ; la finalité ne se perd plus dans la fumée et la buée, elle s’inscrit dans l’avenir d’un présent futur. Ainsi Job l’avait il pressenti en ne désespérant jamais de sa foi !
LE QOHELET
Mieux vaut bon renom que huile parfumée. Le jour de la mort que le jour de la naissance ! Mieux vaut deuil que banquet. Que la fin de tout homme soit présente à son cœur. Mieux vaut peine que rire. Si le visage souffre, le cœur va…
Le cœur du sage ? Dans la maison de deuil. Le cœur de l’idiot, dans la maison de joie ! Pareils, les reproches du sage, pareil, le chant des fous.
« Comme chantent des broussailles brûlant sous le chaudron, le rire idiot n’est que vent »
(Il rit)
Le pouvoir de violence rend fou le sage. Les dons, corrompent le cœur. Mieux vaut la fin des choses que leur commencement. Esprit patient, qu’esprit hautain…
L’AUTRE
Ne t’abandonne pas au dépit, le dépit habite le ventre de l’idiot. Ne dis pas, pourquoi les jours anciens étaient-ils meilleurs, rien n’est moins sage… Il est bon d’hériter être sage sous le soleil. L’ombre de la sagesse est comme l’ombre de l’argent. Connaître la sagesse fait vivre.
LE QOHELET
Regarde les œuvres de Dieu, qui rendra droit ce qu’il a tordu ?
L’AUTRE
Au jour du bonheur, sois heureux et au jour du malheur vois que tous ces jours Dieu a fait. C’est pourquoi, de ce qui viendra, l’homme ne sait rien.
LE QOHELET
J’ai tout vu pendant mes jours vains, le juste vaincu dans sa justice, le méchant survivre dans le mal.
L’AUTRE
Ne tente pas d’être juste, ni sage, à l’excès. Pourquoi vouloir ta propre ruine ? Ne fais pas trop le mal, ne sois pas bête. Pourquoi mourir avant l’heure ? Saisis dans ta main, ceci cela, tout. Qui craint Dieu seul ne perd rien. La sagesse du sage est plus forte que dix gouverneurs dans la ville…
LE QOHELET
Mais aucun homme sur la terre n’est juste. Tous en faute !
L’AUTRE
N’écoute pas tout ce qui se dit, tu n’entendras pas ton serviteur ainsi te maudire. Ton cœur sait bien que tant de fois, toi aussi, tu as maudit les autres.
LE QOHELET
J’ai mis tout à l’épreuve de la sagesse. J’ai dit : je serai sage ! Et la sagesse n’est pas venue.
L’AUTRE
Loin ce qui fut, loin et profond, qui le retrouvera ?
LE QOHELET (effrontément)
Nous nous sommes acharnés, mon cœur et moi, à comprendre, éprouver, chercher, la sagesse, la raison. A connaître mal, bêtise, stupidité, folie. Et j’ai trouvé, moi, plus amer que la mort. Le cœur d’une femme ! S’il est piège, et filet ! Ses mains t’entravent. Dieu sauvera d’elle celui qu’il juge bon, mais elle, attrapera celui qui erre. Regarde, vois ce que j’ai trouvé – dit Qohélet ! – chaque chose une à une, pour en comprendre la raison. Mon âme cherchant n’a trouvé qu’un seul véritable être humain entre mille… Et pas une femme parmi eux…
L’AUTRE
Vois ce qu’enfin j’ai compris. Dieu a fait l’homme droit, mais l’homme cherche mille raisons
de….
Qui sait mieux que celui qui sait interpréter les choses ? La sagesse éclaire son visage, change sa face sévère.
LE QOHELET (croit de moins en moins en ce qu’il dit)
Moi, je dis, respecte l’autorité du roi. Tu l’as juré devant Dieu. Ne te hâte pas de fuir sa face. Ne t’entête pas. Il peut tout. La parole du roi commande. Qui osera lui dire : que fais-tu ?
L’AUTRE
…que fais-tu ?
LE QOHELET
Obéissance ! Ainsi tu ne connaîtras pas le malheur.
L’AUTRE
Le cœur du sage sait le temps et la règle. Pour toute affaire, un temps, une règle…
LE QOHELET
Le malheur de l’homme est bien lourd…
L’AUTRE
Sait-il jamais ce qui sera et quand cela sera, qui le lui dira ? Nul n’est maître de son souffle, nul ne peut le retenir. Nul ne commande au jour de sa mort. Pas de répit dans le combat. La méchanceté ne sauvera pas le méchant.
LE QOHELET
J’ai vu et tenté de comprendre les actes qui se font sous le soleil, l’oppression de l’homme par l’homme pour son malheur. J’ai vu des méchants portés au tombeau. On est venu au lieu saint, et on s’en est allé. Et dans la ville, on a oublié le mal qu’ils avaient faits.
(Il crie)
Vain cela aussi, fumée !
L’AUTRE
Pas de sentence ! Le mal va vite. Le cœur des fils de l’homme ne résiste pas au mal. Celui qui fait le mal prolonge ses jours, c’est un fait. Pourtant, je le sais, le futur sera doux à ceux qui craignant Dieu, le révèrent.
LE QOHELET
Pas de bonheur pour l’infâme. Ses jours ne s’étireront pas comme l’ombre, car il est sans respect devant la face de Dieu. Vain ce qui se fait sur la terre. Vain qu’il y ait des justes traités comme des méchants, vains qu’il y ait des méchants traités comme des justes. J’ai dit : tout
cela est vain.
L’AUTRE
Je suis heureux que l’homme n’ait de joie sinon manger boire se réjouir. Accompagnements de jours de labeur, les jours de sa vie que Dieu lui donne sous le soleil
LE QOHELET
Je me suis voué à connaître la sagesse et tout ce qui s’accomplit sur la terre. Ni de jour ni de nuit n’accordant le sommeil à mes yeux. J’ai vu, alors, que dans l’œuvre de Dieu….
L’AUTRE
…l’homme ne peut trouver l’œuvre à l’œuvre sous le soleil. Quelque soit son effort, il cherche et ne trouve pas. Le sage dit qu’il sait et ne trouvera jamais !
Et tout ça et tout ça, les justes et les sages et leurs œuvres sont dans la main de Dieu. De sa faveur, de son rejet, l’homme ne sait rien, tout est possible.
Les choses sont égales. Pour tous, même destin. Au juste comme au coupable. Au bon au pur et à l’impur. A qui sacrifie, à qui ne le fait pas. Au bon comme à celui qui faute. A qui prête serment comme à qui s’y refuse.
LE QOHELET
Un sort unique ? C’est non sens sous le soleil ! Le cœur des fils de l’homme est plein de mal. La folie est dans leur cœur durant leur vie. Et après ? Mort…
L’AUTRE
En toute vie, l’espoir. Mieux vaut un chien vivant qu’un lion mort. Les vivants savent qu’ils mourront. Les morts ne savent rien. Ils n’auront plus de salaire, oublié même leur souvenir.
LE QOHELET
Quant tout amour est mort ? Toute haine, toute jalousie ? Plus rien pour eux jamais ce qui est sous le soleil ?
L’AUTRE
Va manger ton pain dans la joie. Boire d’un cœur heureux ton vin. Dieu t’approuve. Que toujours soient blancs tes vêtements. Que l’huile sur ta tête ne manque pas. Vis ta vie avec la femme que tu aimes. Tous les jours de ta vie vaine, don de Dieu sous le soleil. Tous les jours vains, ta part de vie, et de travail, sous le soleil. Fais tout ce que ta main aura la force de faire, œuvre, calcul, savoir, sagesse. Il n’y aura rien au lieu d’ombre où tu iras.
LE QOHELET
Encore ! J’ai vu sous le soleil que les plus rapides ne gagnent pas la course, que les héros ne triomphent pas, que le pain ne va pas aux sages, ni aux subtils la richesse, ni même aux savant, la grâce…
L’AUTRE
Le temps, la chance, tombe sur tous. L’homme ne connaît pas son heure comme le poisson pris au filet, l’oiseau dans le piège. Au vent mauvais, tous semblables. Soudain, le malheur,
tombe.
LE QOHELET
J’ai vu exactement la sagesse sous le soleil, ce fut une grande leçon pour moi…
(L’Autre regarde Qohélet, interloquée)
Une petite ville, peu d’homme dedans. S’en vint contre elle un grand roi. Il l’encercla, bâtit contre elle de grandes tours. Et dans cette ville, un homme, pauvre et sage, qui sage l’a sauvée. Nul ne s’est souvenu du pauvre !
J’ai dit moi que la sagesse est meilleure que la force ? Pourtant la sagesse du pauvre est méprisée, personne ne l’écoute…
« Paroles des sages, vous serez mieux entendues que le cri des chefs entre les fous» ? « La sagesse est plus forte que les armes » ? Une seule faute tue.
Les mouches de la mort ruinent l’huile parfumée, un peu de sottise pèse plus que toute sagesse, toute gloire… Cœur du sage adroit, cœur du fou gauche ? Le fou marche sur la route et tous voient qu’il est fou.
L’AUTRE
Si le maître s’emporte contre toi, ne bronche pas. Le calme repose de grandes fautes.
LE QOHELET
Sous le soleil, je l’ai vu. J’ai vu le mal. J’ai vu l’erreur du souverain. Le sot, placé très haut. Les riches, bas. J’ai vu des serviteurs à cheval, et des princes aller à pieds, comme des
serviteurs…
« Qui creuse la fosse tombera dedans »
« Qui perce le mur, le serpent le mordra »
« Qui déplace les pierres se blessera »
« Qui fend les bûches…. » risque aussi…
« Si le fer est émoussé…, il faudrait s’acharner… »
L’AUTRE
Sois malin : aiguise ! Si le serpent mord faute d’être charmé, rien pour le charmeur… La grâce de la parole dans la bouche du sage, les lèvres du sot, elles le dévorent. Les paroles de sa bouche commencent comme des sottises et finissent mauvaises.
LE PRÉSENT EPHEMERE
LE QOHELET ET L’AUTRE alternent toujours dans la binarité du discours ; aucune dialectique ne leur permet réellement de progresser : à chacun son dogme qu’il soit fou ou sage, le résultat semble toujours le même : craindre et périr puisque l’avenir demeure fumée et buée ; mais où est le bleu du ciel ? Mort où est ta victoire !
LE QOHELET (désignant l’Autre)
Le fou parle !
L’AUTRE
Mais l’homme ne sait pas ce qui sera et personne ne lui dira jamais ce qui après lui sera…
(désigne discrètement le Qoheleth)
Epuisant, le travail de l’idiot, il ne sait même plus le chemin de la ville…
(Le Qohelet se relève, dans un ultime sursaut de dignité ironique)
LE QOHELET
Malheur à toi, pays, dont le roi est un enfant ! Dont les princes dès le matin, festoient !
Heureux pays, dont le roi est « noble » où les princes se restaurent sans jamais sombrer dans l’ivresse.
Si paresse des deux mains, la charpente s’affaisse.
(Il s’écroule sur son siège)
Si les mains tremblent, la maison prend l’eau.
L’AUTRE
Manger pour rire.
Boire le cœur joyeux. L’or se charge de tout ?
LE QOHELET (regarde l’Autre en tentant de préserver ce qui lui reste de royal)
Même en pensée ne maudis pas le roi ! Dans le secret de ta chambre ne maudis pas le riche !
L’AUTRE
L’oiseau du ciel emportera ta voix. Le maître des ailes, tes paroles.
Jette ton pain à la surface des eaux, plus tard, tu le retrouveras. Donne à sept, à huit même, on ne sait jamais sur terre ce qui peut arriver. Les nuages chargés se déverseront sur la terre, si sous le vent du sud, ou sous le vent du nord, l’arbre tombe…
LE QOHELET
Là où est tombé l’arbre, là il reste.
L’AUTRE
Si tu t’inquiètes du vent tu ne sèmeras jamais, si tu scrutes les nuages, tu n’auras pas de récolte, tu ne sais pas la route du vent, tu ne sais pas où sont les os dans le ventre d’une femme enceinte.
Ainsi tu ne sais pas ce que Dieu fait, lui qui fait tout.
Dès le matin, sème la semence, jusqu’au soir, ne laisse pas reposer ta main. Tu ignores ce qui réussira, ceci, cela, où les deux à la fois.
LE PRESENT EPHEMERE
Le proverbe est-il toujours de bon conseil ? Le pain à l’eau se dilue, l’arbre tombe mais alors pourquoi semer dans le vent au risque de ne récolter que du vent ! Mauvaise approche de la météo agricole est aussi une mauvaise approche du raisonnement qui fait du résultat un travail vain…
LE QOHELET (Apaisé)
Douce est la lumière, agréable aux yeux, le soleil…
L’AUTRE
Si tu vis longtemps, réjouis-toi. Chaque jour pense aux jours de ténèbres, il y en aura. Tout ce
qui va est fumée et vent.
Réjouis-toi, jeune homme de ton enfance, de ta jeunesse, sur les chemins de ton cœur marche,
dans la vision de tes yeux, fais selon, mais sache, que toujours Dieu te mènera au jugement.
Dissipe les chagrins de ton cœur, les souffrances de ton corps, enfance et cheveux noirs ?
Fumée !
Souviens-toi jeune homme de ton créateur aussi longtemps que ne viendront pas les jours du malheur, aussi longtemps que ne viendront pas les années dont tu diras…
LE QOHELET
Rien en elles pour moi ne sera joie…
L’AUTRE
Aussi longtemps que ne noirciront pas le soleil, ni la lumière, ni la lune, ni les étoiles…
LE QOHELET (Qui se lève et se met aux côtés de l’Autre)
Que ne reviendront pas les nuages après la pluie
L’AUTRE
Au jour où trembleront les gardiens de la maison, où se courberont les hommes de force, où
celles qui broient, trop peu nombreuses, cesseront de moudre…
LE QOHELET
Au jour où verront mal celles qui regardent aux fenêtres…
L’AUTRE
Et fermés les deux battants sur la rue…
LE QOHELET
…la voix du moulin tombera…
L’AUTRE
Quelqu’un se lèvera au chant de l’oiseau
LE QOHELET …les filles du chant s’inclineront.
Ce sera terreur dans la montée, terreur sur le chemin, l
’amandier blanc de l’hiver,
la sauterelle engourdie,
la câpre éclatera
L’AUTRE
L’homme s’en ira vers sa maison dans l’éternité, les pleureurs tourneront dans les rues.
Aussi longtemps que ne disparaîtront pas les fils d’argent que ne se briseront pas la boule
d’or, la jarre à la fontaine, la roue au puits…
LE QOHELET
…aussi longtemps que la poussière, poussière, ne retombera pas sur la terre,
aussi longtemps que le souffle ne retournera pas vers Dieu qui l’a donné.
L’AUTRE
Hével, Havalim, dit Qohélet. Tout est fumée.
Vent.
LE PRESENT EPHEMERE
C’est quoi l’éternité ? « La mer mêlée au soleil » ? La crainte de Dieu dans la soumission éternelle ? Il manque à l’un et à l’autre la bonne nouvelle : la vie éternelle est un don de Dieu offert par la grâce, révélée par le Christ notre frère ! Tout est question d’époque !
EPILOGUE
(Les acteurs s’ébrouent, ils deviennent les présentateurs de l’épilogue)
Acteur 1 : Plus que sage fut Qohélet, il enseigna la sagesse au peuple, il pesa, fouilla, inventa, plein de proverbes !
Acteur 2 :
Il a cherché Qohelet, les paroles délectables, les manières d’écrire juste, les paroles de vérité.
Acteur 1 :
« Les aphorismes des sages sont des aiguillons, les maîtres des collections sont des clous,
des pitons plantés »
Ensemble :
Cadeaux d’un même pasteur !
Acteur 1 :
Mon fils sache-le, écrire est sans fin, trop d’étude, trop de livres, lasse…
Acteur 2 :
C’est fini, c’est la fin. Tout a été dit. Tout entendu…
Crains Dieu, respecte ses commandements, tu n’es que ça.
Acteur 1 : Au jour du jugement, Dieu fera comparaître, tout ce qui fut caché, si bien…
Acteur 2 :
…si mal
PIANO
INTRODUCTION A LA DISCUSSION
LE PRESENT EPHEMERE
« Qu’il est doux de ne rien faire, quand tout s’agite autour de vous » ! Résistons à la tentation, nous ne sommes pas des rois, avons nous le privilège et le pouvoir de tout essayer ? Non ! Alors jouissons de la brièveté de la vie certes, mais sans égoïsme, l’utopie est un puissant moteur qui, allié à la réalité, permet à l’humain d’appartenir au divin sans juger pour autant d’autrui… L’avenir est toujours dans l’immédiateté du présent. La foi comme la raison ne sont pas antagonistes car la dialectique repose sur une troisième force dont le choix appartient à l’humain de demain !