LE DÉROULÉ LITURGIQUE DU 28 SEPTEMBRE 2025
Liturgie du 28 septembre 2025
Culte par la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
à l’orgue : Aurélien Peter.
Orgue :
Salutation ( Assis)
La grâce et la paix vous sont données, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son Fils, notre Sauveur et notre frère.
Accueil :
Prière :
Spontané ( debout) : « Bénissons Dieu le seul Seigneur »
Louange : Psaume 19 .
1Du chef de chœur. Psaume. De David.
2Le ciel raconte la gloire de Dieu, la voûte céleste dit l’œuvre de ses mains.
3Le jour l’annonce au jour, la nuit l’explique à la nuit.
4Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, on n’entend pas leur voix.
5Leurs mesures apparaissent sur toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde ; c’est là qu’il a placé une tente pour le soleil.
6Celui-ci, tel un marié sortant de sa chambre, tout content, se met en route, tel un vaillant guerrier.
7Il s’élance des extrémités du ciel et achève sa course à l’autre extrémité ; rien n’est à l’abri de sa chaleur.
8La loi du SEIGNEUR est parfaite, elle restaure la vie ; le témoignage du SEIGNEUR est sûr, il rend sage le naïf.
9Les directives du SEIGNEUR sont droites, elles réjouissent le cœur ; le commandement du SEIGNEUR est limpide, il fait briller les yeux.
10La crainte du SEIGNEUR est pure, elle subsiste à jamais ; les règles du SEIGNEUR sont vérité, elles sont toutes justes ;
11elles sont plus précieuses que l’or, que beaucoup d’or fin ; plus douces que le miel, que le miel qui coule des rayons.
12Moi-même, ton serviteur, je suis averti par elles ; pour qui les observe l’avantage est grand.
13Qui peut connaître ses erreurs involontaires ? Tiens-moi pour innocent de ce qui m’est caché.
14Préserve-moi aussi des gens arrogants ; qu’ils ne dominent pas sur moi ! Alors je serai intègre, innocent de toute transgression grave.
15Que les paroles de ma bouche et le murmure de mon cœur soient agréés de toi, SEIGNEUR, mon rocher et mon rédempteur !
Psaume chanté : Psaume 24, 1,2,3,4
( assis) Volonté de Dieu
Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes paroles,
vous demeurerez dans mon amour,
de même que j’ai gardé les paroles de mon Père,
et que je demeure dans son amour.
Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite !
Voici ce que je vous propose : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
( assis) Spontané : « Parle parle Seigneur »
( assis) Devant Dieu :
Voici ce que Job, en relisant sa vie, comprend de son humilité et ce qu’il dit à Dieu : Je sais que tu peux tout, et qu’aucune pensée ne t’échappe.
Ainsi j’ai parlé, sans comprendre, de choses étonnantes qui me dépassent et que je ne connais pas.
Mon oreille avait entendu parler de toi ;
maintenant mon oeil t’a vu.
C’est pourquoi je renonce ;
Je me repens sur la poussière et sur la cendre.
( Job 42, 1-6)
( assis) Spontané : « j’aime mon Dieu car il entend ma voix »
( debout) Pardon
Mais le Seigneur nous redit sa grâce et dit à chacun de nous : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse ».
( debout) Spontané : « Ô que c’est chose belle »
( debout) Confession de foi.
Au Dieu des choses nouvelles
Nous croyons que tu fais toutes choses nouvelles
pour le monde et pour nous, toujours et en tout temps.
Toi le Dieu de la résurrection, de la vie nouvelle et de l’Homme relevé.
Nous croyons que personne n’est enfermé dans la fatalité du malheur mais que tu nous offre dans la foi l’horizon d’un bonheur.
Nous croyons, grâce à Jésus, que l’homme est ton espérance et que ton amour pour lui est le même amour que tu as pour nous.
Nous croyons qu’il est possible de nous laisser convertir à l’amour de Dieu et à l‘amour du prochain, et qu’ainsi, le règne de Dieu peut advenir chaque jour par nos actes et nos pensées.
Nous croyons qu’une fraternité de foi existe, avec tous ceux qui se soucient de ce monde et de ceux qui le peuplent, et qu’ensemble, quelque soit notre tradition de foi, nous pouvons rendre manifestes toutes les choses nouvelles que tu crées pour nous.
AMEN
( Pasteure Béatrice Cléro-Mazire )
Spontané : « grand Dieu nous te bénissons »
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la Terre et d’éternité en éternité »
Lecture biblique Marc 11, 12-25
Psaume 81, 1,3,5,6
Prière
Seigneur, donne-nous ton Esprit.
Pour que nous sachions
où aller quand nos chemins se perdent,
que faire quand notre avenir est incertain,
que pouvoir quand nous sommes au bout de nos forces,
Seigneur, donne-nous ton Esprit.
Pour que nous puissions bâtir ton Royaume,
en annonçant, en guérissant & en aimant
Seigneur, de notre espérance, et de notre foi,
nous te cherchons dans la méditation de cette écriture ancienne,
à l’écoute de la Parole source de nouveauté… d’illumination
Jeu d’orgue :
Prédication « pour un monde nouveau »
Silence puis Musique
Cantique : 400, 1,2,3
Annonces
Collecte ( conseillers) Musique
Préface (assis)
Louons Dieu:
Seigneur notre Dieu et notre Père, quel bonheur de t’adorer partout et à tout moment. Quelle joie de te dire merci pour Jésus-Christ ton Fils Sa venue dans le monde a fait lever l’aube de ton règne d’amour. Humain parmi les humains, vivant jusqu’au bout ton pardon et ta paix, il nous a fait découvrir notre véritable humanité. Condamné au supplice de la croix, il s’est dépouillé de tout pouvoir et de tout prestige, pour nous rendre libres de te servir. Ressuscité, il est le messager d’un monde nouveau, d’où toute oppression, toute larme et tout mal disparaîtront. C’est pourquoi, avec celles et ceux qui ont vécu et proclamé cette espérance pendant tant de siècles, avec ton peuple assemblé ici et partout, nous célébrons ton nom et nous te chantons.
spontané: Pare-toi pour cette fête 205
Institution
Le soir venu, Jésus se mit à table avec les douze. Pendant le repas, il prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : “Prenez, mangez, ceci est mon corps.” Ayant aussi pris la coupe et rendu grâces, il la leur donna en disant : “Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance qui est répandu pour la multitude, pour le pardon des péchés. Je vous le dis, désormais, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père.”
Prière de communion et d’intercession
Père invités à ta Sainte cène, nous faisons mémoire des paroles et des gestes de Jésus-Christ, de sa mort, de sa résurrection, et dans la confiance nous te présentons notre monde. Nous te prions pour tous ceux que tu nous mets en mémoire. Que ta volonté soit faite.
Notre Père ( debout)
spontané: Pare-toi pour cette fête 205
Formation du cercle
Invitation
Fraction
Le pain que nous partageons est signe de la présence de Jésus, le Crucifié.
Le vin que nous partageons est le mémorial du sang du Christ, le Ressuscité.
Formation du cercle
Distribution
Communion
Cantique 150 : A toi la gloire.
Exhortation et bénédiction :
Spontané :
Orgue
LE TEXTE DE LA PRÉDICATION
Pasteure Béatrice Cléro-Mazire , prédication pour l’Oratoire du Louvre le 28 septembre 2025.
Nos religions desséchées ? Marc 11, 12-25
Le lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais, en y arrivant, il n’y trouva que des feuilles – car ce n’était pas la saison des figues. Il lui dit alors : Que plus jamais personne ne mange un fruit de toi ! Et ses disciples l’entendirent.
Ils arrivent à Jérusalem. Entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes. Et il ne laissait personne transporter un objet à travers le temple. Il les instruisait et disait : N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ?.
Mais vous en avez fait une caverne de bandits. Les grands prêtres et les scribes l’entendirent ; ils cherchaient comment le faire disparaître ; ils avaient peur de lui, parce que toute la foule était ébahie de son enseignement. Quand le soir fut venu, Jésus et ses disciples sortirent de la ville.
Le matin, en passant, les disciples virent le figuier desséché depuis les racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, lui dit : Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit s’est desséché. Jésus leur dit : Ayez la foi de Dieu. Amen, je vous le dis, celui qui dira à cette montagne : « Ote-toi de là et jette-toi dans la mer », sans hésiter dans son cœur, mais en croyant que ce qu’il dit arrive, cela lui sera accordé. C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et cela vous sera accordé. Et lorsque vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos fautes.
Comme il est écrit que Jésus eut faim, aujourd’hui je vous propose de partager un sandwich.
Ce n’est pas moi qui parle ainsi de ce passage de l’Évangile de Marc, mais le théologien Étienne Trocmé, dont le commentaire m’a aidée à comprendre la construction de cet Évangile étonnant. Comme souvent dans les récits bibliques, les polémiques et les conflits sous-jacents ne sont pas loin des histoires les plus banales. Ce passage ne déroge pas à ce qui peut apparaître désormais comme une règle dans le christianisme naissant : deux partis s’opposent à propos de l’attitude à adopter à l’égard des autorités religieuses du moment. Étienne Trocmé propose une hypothèse intéressante sur l’Évangile selon Marc : celui-ci serait le récit que se serait donnée une communauté hélléniste, sans doute située à Césarée et n’hésitant pas à faire rupture avec les rites religieux du judaïsme de façon plus claire que ne le faisait la communauté de Jérusalem, composée entre autres, de membres de la famille de Jésus et restée attachée à la tradition religieuse du temple. La communauté de Marc nous propose, dans un proto-Évangile, avant que le temple ne soit détruit, et après la mort du Maître Jésus : un récit enchâssé entre deux autres, d’où l’idée du sandwich. Les deux petits récits portant sur le figuier maudit sont là pour donner son sens à l’épisode du Jésus en colère, chassant les marchands du temple et dans le même temps, l’expulsion des marchands devient, grâce au récit du figuier, et à l’évolution de sa situation, un geste prophétique, voire eschatologique. La magie vient élever le fait divers à la hauteur d’une révélation et la simple colère donne une nouvelle envergure au cas de stérilité d’un arbre. Étrange procédé, que d’encadrer un épisode sans doute tout à fait réel, de deux récits thaumaturgiques, tout-à-fait miraculeux, afin de délivrer un message très sérieux sur l’avenir de sa propre religion.
En fait, à déchiffrer ces textes, on trouve plusieurs conflits qui dessinent la nouvelle voie à prendre si l’on veut suivre Jésus.
Regardons d’abord le récit des marchands du temple. Repris par les autres témoins, il n’y a pas vraiment de raison de mettre en doute que Jésus ait eu une attitude hostile à l’égard des marchands, rassemblés sur le parvis des Gentils et qui vendaient des animaux pour les sacrifices. On a pensé que Jésus se fâchait parce qu’il était attaché à la pureté du lieu saint dans lequel aucun paiement n’aurait dû troubler la prière des fidèles. Mais le marché ne se fait pas dans le Saint des Saints et la monnaie employée pour ce commerce sacrificiel est celle du temple, frappée pour cet usage, sans effigie humaine et permettant des transactions qui faisaient vivre beaucoup de monde, à commencer par les éleveurs d’animaux. On a pensé aussi que Jésus était attaché au sabbat puisqu’il empêche quiconque de transporter quoi que ce soit à travers le temple, ce qui est un des interdits liés au travail le jour du sabbat. Mais il n’est pas fait mention du sabbat ici.
Jésus ressemble à un manifestant remonté contre un système dont il perçoit la fourberie ; il dénonce les malfaiteurs, organisés pour tirer parti d’un sanctuaire dont ils ont dévoyé la vocation. Les tables, les sièges, toute l’installation de ce commerce du pardon est tout à coup renversé par le courage d’un homme seul qui prend la responsabilité de son geste.
Pourquoi ce qui constitue le rituel le plus évident dans la grande machine expiatoire qu’est le temple serait tout à coup aussi scandaleux aux yeux de Jésus ? Ces gens font ce qui s’est toujours fait. Mais voilà, l’affirmation « Ma maison sera appelée maison de prières pour toutes les nations » donne la clé de l’événement. Citation du prophète Esaïe ( Es 56, 7), cette déclaration divine est une promesse pour tous les bannis d’Israël qui pourront enfin se retrouver dans la maison du Seigneur.
La communauté rédigeant ces lignes se voit sans doute comme ces croyants marginalisés par une caste financière qui tire profit de la peur et du sentiment de culpabilité des fidèles. Les plus pauvres peuvent juste acheter une colombe, mais est-ce ce type de sacrifice que Dieu désire ? La véritable piété n’est-elle pas celle de l’équité et du droit ?
Peut-être aussi que la communauté dans laquelle l’Évangile de Marc s’est développé est d’une grande diversité d’origine sociale, géographique et religieuse. Si c’est une communauté helléniste, elle revendique sans doute la foi en un Dieu qui accueille des nations, c’est-à-dire aussi les non-Juifs, dans un temple spirituel que décrira très bien le passage du discours d’Étienne dans les Actes des Apôtres : « C’est Salomon qui lui a construit une maison. Cependant, le Très-Haut n’habite pas dans ce qui est fabriqué de mains humaines » (Ac 7, 48) .
Les disciples de Jésus qui sont dans la communauté de Marc opèrent en fait le virage que la communauté de Jérusalem n’est pas prête à prendre ; celui d’une religion sans sacrifices, comme les premiers chapitres du Livre des Actes nous le montrent. Avant même la destruction du temple construit de mains humaines, elle valorise la place de l’Esprit Saint et la grâce d’un Dieu qui ne demande plus aucun sacrifice pour sceller son alliance avec l’humanité. Enseignement, prière et partage des biens seront les piliers de cette nouvelle organisation religieuse dans laquelle le prêt d’argent et l’achat de sacrifices n’ont plus cours.
Mais qu’en est-il du pain sec autour de cette sainte colère de Jésus ? Que nous racontent les deux histoires de figuiers ?
Le figuier dans le premier récit a des feuilles, mais pas de fruits. On prend soin de préciser que : « ce n’était pas la saison des figues ». Jusque là rien d’étonnant, si ce n’est l’attitude de Jésus qui maudit le figuier. Il ne lui promet pas directement la stérilité, il dit « Que plus jamais personne ne mange un fruit de toi ! ». Cela ne veut pas dire qu’il n’aura plus de fruits, mais qu’il sera abandonné, et que, s’il porte encore des fruits, ils ne nourriront plus personne.
Le figuier dans le second récit, est desséché depuis la racine, et comme les disciples avaient entendu Jésus maudire cet arbre, c’est Pierre qui fait le rapprochement entre les deux situations.
Ce sont donc deux enseignements qui entourent l’expulsion des marchands du temple. Ou plutôt un enseignement en deux tranches. Ce figuier est un arbre qui, traditionnellement, dans la culture du temps, renvoie à la sexualité et à la génération, souvenons-nous des feuilles qui cachent la nudité des deux premiers humains dans le jardin d’Eden, ce sont des feuilles de figuier. La figue, fruit rapproché, par la symbolique médicale, de l’utérus féminin, est, dans l’imaginaire de cette époque, le fruit de la génération, du cycle de la vie humaine. De quelle génération Jésus veut-il parler ?
Le premier figuier est la religion d’une génération qui cache sous les feuilles abondantes des rites et des sacrifices, l’absence des fruits nourrissants de la foi. Sous l’activité et l’architecture grandiloquente du temple, on ne trouve aucun fruit de la foi. Ce n’est pas la saison des figues, tout simplement parce que ce n’est pas cette génération religieuse qui les fera murir. Les sacrifices ne semblent rien transformer, rien convertir dans le cœur de celles et ceux qui s’y adonnent, c’est une pratique qui n’en finit pas d’assouvir un besoin de pardon qui est à chercher ailleurs, dans une relation confiante à un Dieu qui sort de la logique économique qui vise à payer pour un péché, qui n’est pas moral, mais ontologique. C’est leur existence humaine que viennent justifier par des sacrifices les fidèles du temple. Jésus maudit le figuier qui ne nourrit pas. Il maudit cette religion qui ne nourrit pas la vie spirituelle mais ne fait que cacher un soi-disant péché pour mieux faire payer l’expiation.
Le second figuier est l’image de cette religion sacrificielle après la prédication de Jésus. Elle est desséchée, sans la sève qui donne la vie. L’arbre de la génération est maintenant visiblement stérile. Il ne trompe plus personne. Ce que Jésus est venu renverser dans le temple, c’est la perversité d’une religion qui construit des pécheurs pour mieux leur faire payer leur salut. Mais il ne le fait pas comme un discours théologique : il le fait comme un dévoilement ontologique ; l’être humain n’est pas coupable d’être ce qu’il est et il a accès au don de Dieu. Délivré de la faute d’Adam, il peut travailler à la transformation du monde dans lequel il vit, et croire à la puissance d’un Dieu pour l’homme et non contre lui. Même les montagnes obéissent alors à celui qui croit « Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer ». « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et cela vous sera accordé ». Jésus énonce une théologie nouvelle, dans laquelle la foi devient le socle solide de la religion.
Comment ne pas être touché par cette espérance inouïe que proclame Jésus dans ces lignes ?Au-delà de la critique du commerce du temple, c’est ce qu’il recouvre de vacuité que Jésus dénonce. Le mélange des ordres est ici ce qui rend stérile toute religion. Que le temple ait eu besoin de subsides pour vivre, rien d’étonnant et les choses de ce point de vue n’ont pas changé, mais que le pardon de Dieu soit une marchandise qu’il faille acheter relève d’un mécanisme frauduleux.
Cette révolution religieuse, cette réforme des consciences n’est pas achevée. Aujourd’hui encore, même sans animaux sacrifiés, la religion apparaît toujours comme une machine expiatoire, comme si l’être humain peinait à imaginer qu’il puisse exister sans en être coupable. Comme si justifier sa place sur cette terre était l’œuvre de nos vies. Mais Jésus et les premières communautés de ses disciples ouvrent une voie nouvelle, audacieuse et pleine d’espérance : Dieu est solidaire de l’humanité et rejette la logique sacrificielle. Voici la révélation reçue entre deux figuiers par tout une génération de croyants qui cherchait à échapper aux fardeaux toujours plus lourds qu’on cherchait à faire peser sur leur conscience. Nos religions font souvent fuir a priori, avant même d’y entrer, celles et ceux qui ont deviné la mécanique infernale du jugement et de la faute. Et nos représentations de Dieu continuent à charrier des restes de sacrifices. La perfection divine et l’imperfection humaine continuent à charpenter le temple imaginaire de notre théologie, comme si les valeurs du religieux s’élaboraient ainsi.
Pourtant, c’est dans la fragilité que Dieu se révèle, sans force et sans grandiloquence, quand l’être humain accepte enfin d’être tel qu’il est entre naissance et mort, quand il assume d’avoir peur et de désirer mieux pour sa vie, sans masquer ces sentiments dans des artifices religieux qui ne trompent que lui-même. La sainteté n’est pas la perfection, la sanctification n’est pas le moment où l’être humain s’extirpe de sa condition humaine ; mais c’est bien au moment même où nous sommes honnêtes avec nous-mêmes que nous pouvons comprendre la présence de Dieu à nos côtés. Les saints de Dieu, ce sont ceux qui croient que tout ce qu’ils demandent dans la prière leur sera accordé, alors, que nos vieilles représentations religieuses se dessèchent et que nous portions les fruits que la foi génère en nous pour pouvoir nourrir ce monde d’une espérance qui le transforme. AMEN.
LA VIDÉO DU CULTE DU 28 SEPTEMBRE 2025
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