LE TEXTE DE LA PRÉDICATION
Pasteure Béatrice Cléro-Mazire, prédication pour l’Oratoire du Louvre le 1er mars 2026.
« La guerre ou le couperet du temps»
Marc 13 , 7–8 et 14-20
Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerre, ne vous alarmez pas, car cela doit arriver. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura par endroits des tremblements de terre, il y aura des famines. Ce sera le commencement des douleurs. (…)
Lorsque vous verrez l’abominable dévastateur installé là où il ne doit pas être – que le lecteur comprenne – alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que celui qui sera sur le toit en terrasse n’en descende pas, qu’il ne rentre pas pour prendre quelque chose chez lui ; et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son vêtement. Quel malheur pour les femmes enceintes et pour celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que cela n’arrive pas en hiver. Car ces jours-là seront des jours de détresse, d’une détresse telle qu’il n’y en a pas eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais plus. Si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé ; mais il a abrégé ces jours àcause de ceux qu’il a choisis.
« Quand vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres, ne vous alarmez pas : cela doit arriver, mais ce n’est pas encore la fin » :l’Évangile de Marc place ces mots dans la bouche de Jésus, comme s’ils étaient rassurants, comme si la guerre n’était pas la fin de tout et comme s’il fallait en passer par ce mal nécessaire sans s’en alarmer. Le 24 février dernier, l’Ukraine entrait dans la cinquième année d’une guerre dans laquelle personne ne voit poindre le moindre signe de paix. L’ Europe vit aujourd’hui dans les rumeurs de guerre. Et depuis hier, le Moyen Orient s’est embrasé de nouveau avec un nouveau conflit ouvert.
Il s’agit pour nous, si nous voulons être veilleurs, de ne pas nous laisser submerger par le sentiment d’impuissance et la peur, mais de regarder ce qu’il est possible de faire pour être, comme le dit la Bible, un peuple préparé pour le Seigneur.
C’est ce que Jésus tente de faire quand il parle ainsi des temps douloureux qui arrivent pour ceux qui l’écoutent et qui ne doivent pas les plonger dans la sidération.
Pourtant, quand, le 24 février 2022 les premières explosions retentissent dans le ciel de la capitale ukrainienne, c’est la sidération qui semble l’emporter chez les observateurs. Même si les menaces planaient depuis déjà un certain temps et que les rumeurs de guerre avaient déjà alarmé les pays européens, le passage à l’acte eut un effet de surprise, comme si l’impossible franchissement avait eu lieu.
Que faire ? Comment réagir ?
Fuir et se mettre à l’abri sans combattre ou trouver le courage et les forces nécessaires pour résister, en comprenant qu’il s’agit d’un nouveau temps qui peut durer sans certitude quant à de son dénouement ?
Dans le texte de Marc, nous sommes dans la partie très apocalyptique de l’Évangile et Jésus y est montré comme parlant en prophète. Il annonce des moments très douloureux, et les compare aux douleurs de l’enfantement, thème très courant dans les apocalypses. Dans le Livre de l’Apocalypse au chapitre 12 une vision montre une femme qui est « enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement » (Ap 12, 2). L’Évangile de Jean reprendra cette image en l’expliquant ainsi : « La femme sur le point d’accoucher s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » ( Jean 16, 20-22). Comme si la naissance d’un nouveau temps ne pouvait advenir que dans la douleur, comme si la guerre et la dévastation étaient la transition nécessaire entre deux époques .
Jésus explique à ses disciples, alors qu’il sort du temple et s’est assis au Mont des oliviers dans la posture de l’enseignant grec, quels seront les signes annonciateurs de la fin d’un temps.
Reprenant au prophète Daniel les éléments d’une apocalyptique traditionnelle pour ses auditeurs, Jésus se sert des événements de son actualité pour les ramener à une culture textuelle propre à les expliquer.
« L’abominable dévastateur installé là où il ne doit pas être » est ainsi, sans doute, identifié à Caligula ou plutôt, à son effigie, qu’il aurait voulu installer sous la forme d’une grande statue dans le temple de Jérusalem. Énième provocation romaine contre la religion juive et son refus des images, son respect des séparations entre le pur et l’impur, et sa contestation grandissante des pouvoirs humains ; surtout à l’époque de Jésus où ce qu’on a appelé la quatrième philosophie avait gagné du terrain pour défendre l’idée selon laquelle il n’y avait pas d’autre pouvoir légitime que celui de Dieu lui-même. Dans le livre prophétique de Daniel, il est question de la fameuse statue aux pieds d’argile, vision apocalyptique très inspirante au moment où l’empereur romain voulait imposer sa statue dans le temple. Au deuxième chapitre du livre de Daniel, le prophète décrit ainsi cette statue vue en rêve par Nabuchodonosor : « O roi, tu as eu une vision, celle d’une grande statue. Cette statue était immense et d’une splendeur extraordinaire. Elle était debout devant toi, et son aspect était terrible. La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras étaient d’argent ; son ventre et ses cuisses étaient de bronze ; ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. Tu regardais, lorsqu’une pierre se détacha sans l’action d’aucune main, frappa les pieds de fer et d’argile de la statue et les réduisit en poussière. Alors le fer, l’argile, le bronze, l’argent et l’or furent pulvérisés ensemble et devinrent comme la balle qui s’échappe d’une aire de battage en été ; le vent les emporta, et l’on n’en retrouva aucune trace. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre » ( Dn 2, 30-35).
Par ce rêve, le roi entrevoit sa fragilité et la part éphémère de son règne. Et le prophète Daniel en profite pour insister sur la vision de la montagne de Dieu qui est un symbole puissant du règne de YHWH. Ainsi, sans violence, Daniel impose l’autorité de son seul maître, le Dieu de sa foi, au roi qui le questionne sur son sort.
Le discours prêté à Jésus dans ce passage de Marc commence par la menace de la guerre et lui sert à provoquer une évaluation nouvelle du temps. La puissance redoutable de tout adversaire ne doit pas faire oublier ses fragilités. Le temps de l’oppression et de l’agression ne peut durer toujours.
Là où la guerre agit comme un couperet qui fait une coupe dans le temps, mettant à nu le présent dans l’instantané de sa réalité, Jésus signale que ce n’est pas la fin. Malgré l’apparent arrêt sur image que provoque l’irruption de l’agresseur forçant ceux qu’il désigne comme adversaires à entrer en guerre ou se soumettre, cet arrêt ne doit pas laisser penser qu’il s’agit d’une fin. Il y a autre chose ensuite. Jésus déjoue l’illusion que fait naître le couperet de la guerre d’agression dans l’histoire d’un peuple. Il en révèle le masque qui dissimule la véritable temporalité dans laquelle la guerre fait entrer le peuple agressé. Il s’agit pour l’agresseur de faire comme si l’histoire s’arrêtait là, mais Jésus prévient : c’est en fait le début des douleurs de l’enfantement, c’est-à-dire l’étape qui peut permettre d’entrer dans une nouvelle histoire, pourvu qu’on puisse résister assez longtemps.
Pour l’Ukraine, on le voit, c’est un temps qui devait durer quelques semaines et « régler » un soi-disant problème territorial. Mais la réalité a montré l’avènement d’un temps nouveau dans lequel les équilibres géopolitiques sont recomposés et où le peuple agressé se révèle de plus en plus européen, avec ce que cela implique de choix culturels et politiques. Dès que le pays aura traversé cette étape de libération nécessaire mais au combien douloureuse, un nouveau temps existera bel et bien qui aura fait rupture avec tout un pan historique de son histoire.
Mais, entre temps, combien de victimes, combien de vies fauchées par la violence ? Les grands mouvements historiques ne doivent jamais faire oublier les vies individuelles qui sont sacrifiées au pouvoir de la guerre. À noter à ce propos les travaux faits en ce moment même par toutes celles et ceux qui refusent la massification des pertes humaines et élaborent un travail mémoriel autour des visages des victimes de guerre et aussi des agresseurs. Parmi eux, l’historien et réalisateur Christian Delage qui érige les visages en gardiens du temps et réfléchit, dans son travail de documentariste, à, je cite , « la bonne distance qui va permettre, suivant les propos de Paul Ricœur, de rendre l’expression du visage « transparente à l’intériorité d’une âme ».
(Article dans la revue Entre-Temps à retrouver avec ce lien
L’Évangile de Marc s’appuie lui aussi sur la vie et la mort d’un être singulier pour parler de ce temps nouveau capable d’advenir après les violences de la guerre devenues douleurs d’enfantement. Cet homme, c’est Jésus lui-même. Le discours de Jésus au Mont des oliviers est placé avant le récit de sa passion et de sa mort et en constitue l’annonce.
Sans doute une façon pour l’auteur de l’Évangile selon Marc de donner sens a posteriori à l’événement catastrophique de la condamnation et de l’exécution du maître. Il y a autre chose à attendre des catastrophes que la fin. C’est en tout cas ce que ce passage essaie de dire à grand renfort de tremblements de terre et de famines. Au milieu des pires tourments, l’homme crucifié dans le but de le réduire à néant n’en finit pas d’être suscité à nouveau par la mémoire des disciples et leur travail mémoriel d’écriture.
Du désir de néant de l’agresseur naît la nouvelle foi de tout un peuple d’hommes, de femmes et d’enfants qui trouvent enfin leur sauveur dans la personne d’une victime injustement condamnée et qui représente l’injustice dans laquelle le pouvoir tyrannique les plonge. Comme la pierre qui pulvérise les pieds de la statue aux pieds d’argile du Livre de Daniel, la mort injuste de Jésus fait tomber tous les pouvoirs en place par leur illégitimité.
Ils sont « installés là où il ne doivent pas être » et aucune de leurs dévastations n’y pourra rien changer.
L’État qui devait être réduit à néant a tenu quatre années entières et ce conflit pour nous est peuplé de visages qui ne peuvent s’effacer. Notre acte de foi aujourd’hui est de croire à la force de cette résistance et de désirer au plus profond de nous le temps d’après. Pour cela, il nous faut être responsables de notre propre avenir et ne pas laisser de place aux statues de tyrans et aux images d’hommes forts qu’on voudrait bien nous imposer.
Il suffit d’une pierre d’achoppement jetée sur les pieds d’argile d’un pouvoir fallacieux qui utilise les peurs identitaires pour que son image tombe et laisse place à la montagne de Dieu.
Loin de reconnaître à la guerre ou à la destruction des vies humaines le rôle eschatologique d’accoucheuses d’un temps nouveau, l’Évangile nous apprend, à surmonter la coupure en la relisant. Non pas que cette coupure soit un mal nécessaire, mais un fait, à partir duquel il s’agit de penser l’avenir.
La mémoire elle-même n’est alors plus le regret du temps d’avant, mais la transformation vers le temps d’après. Comme ces visages de victimes que Christian Boltanski érige en oeuvres d’art vivantes pour l’éternité et irriguant le temps des survivants.
Ne vous alarmez donc pas : la coupure n’est jamais la fin du temps, un autre vient toujours, à nous de le préparer avec conscience et fidélité.
AMEN.
Liturgie du culte du 1 mars 2026
Par la Pasteur Béatrice Cléro-Mazire
Aurélien Peter à l’orgue
Orgue :
Annonce de la grâce
La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus le ressuscité .
Accueil : Bienvenue à toutes et à tous dans ce culte, que vous soyez protestants ou non, croyants ou non, de passage ou ancrés dans cette communauté de longue date, c’est au nom de Jésus que nous nous accueillons aujourd’hui les uns les autres pour rendre gloire à Dieu.
Bienvenue à vous qui êtes avec nous grâce à internet, nous vivrons ce culte accompagné par Aurélien Peter à l’orgue.
Réunissons-nous avec le 1er chant du livret inséré au début du psautier.
Chant spontané :
Louange :
6Éternel ! ta bienveillance atteint jusqu’aux cieux,
Ta fidélité jusqu’aux nues.
7Ta justice est comme les montagnes de Dieu,
Tes jugements comme le grand abîme.
Éternel ! tu sauves hommes et bêtes.
8Combien est précieuse ta bienveillance, ô Dieu !
À l’ombre de tes ailes les humains se réfugient.
9Ils se rassasient de l’abondance de ta maison,
Et tu les abreuves au torrent de tes délices.
10Car auprès de toi est la source de la vie ;
Par ta lumière nous voyons la lumière.
11Étends ta bienveillance sur ceux qui te connaissent,
Et ta justice sur ceux dont le cœur est droit
Chantons notre louange.
Psaume 23
Volonté de Dieu
1Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants,
Qui ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs,
Et qui ne s’assied pas sur le banc des moqueurs,
2Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel,
Et qui médite sa loi jour et nuit !
3Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau,
Qui donne son fruit en son temps,
Et dont le feuillage ne se flétrit pas :
Tout ce qu’il fait réussit.
Chant spontané debout :
Repentance
Mon Dieu ! quelle guerre cruelle !
Je trouve deux hommes en moi :
L’un veut que, plein d’amour pour toi,
Mon coeur te soit toujours fidèle ;
L’autre, à tes volontés rebelle,
Me révolte contre ta loi.
L’un, tout esprit et tout céleste,
Veut qu’au Ciel sans cesse attaché,
Et des biens éternels touché,
Je compte pour rien tout le reste ;
Et l’autre, par son poids funeste,
Me tient vers la terre penché.
Hélas ! en guerre avec moi-même,
Où pourrai-je trouver la paix ?
Je veux, et n’accomplis jamais,
Je veux, mais (ô misère extrême !)
Je ne fais pas le bien que j’aime
Et je fais le mal que je hais !
O Grâce, rayon salutaire !
Viens me mettre avec moi d’accord ;
Et, domptant par un doux effort
Cet homme, qui t’es si contraire,
Fais ton esclave volontaire
De cet esclave de la Mort.
(Jean Racine)
Chant spontané debout :
Annonce de la grâce
« Va ta foi t’a sauvé »
Chant spontané debout :
Confession de foi
Ô Éternel,
Nous croyons que tu fais toutes choses nouvelles
pour le monde et pour nous, toujours et en tout temps.
Toi le Dieu de la résurrection, de la vie nouvelle et de l’Homme relevé.
Nous croyons que personne n’est enfermé dans la fatalité du malheur mais que tu nous offres, dans la foi, l’horizon d’un bonheur.
Nous croyons, grâce à Jésus, que l’être humain est ton espérance et que ton amour pour lui est le même amour que tu as pour nous.
Nous croyons qu’il est possible de nous laisser convertir à l’amour de Dieu et à l‘amour du prochain, et qu’ainsi, le règne de Dieu peut advenir chaque jour par nos actes et nos pensées.
Nous croyons qu’une fraternité de foi existe, avec toutes celles et ceux qui peuplent ce monde et se soucient de lui, nous croyons qu’ensemble, quelle que soit notre tradition de foi, nous pouvons rendre manifestes toutes les choses nouvelles que tu crées pour nous.
AMEN
( Pasteure Béatrice Cléro-Mazire )
Chant spontané debout :
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité ».
Lecture du passage de la Bible Marc 13, 7 et 14-20
Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerre, ne vous alarmez pas, car cela doit arriver. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura par endroits des tremblements de terre, il y aura des famines. Ce sera le commencement des douleurs. (…)
Lorsque vous verrez l’abominable dévastateur installé là où il ne doit pas être – que le lecteur comprenne – alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que celui qui sera sur le toit en terrasse n’en descende pas, qu’il ne rentre pas pour prendre quelque chose chez lui ; et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son vêtement. Quel malheur pour les femmes enceintes et pour celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que cela n’arrive pas en hiver. Car ces jours-là seront des jours de détresse, d’une détresse telle qu’il n’y en a pas eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais plus. Si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé ; mais il a abrégé ces jours àcause de ceux qu’il a choisis.
Cantique 179
Prière :
Jeu d’orgue
Prédication : «La guerre comme un couperet du temps »
Silence
Musique
Psaume 42
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Musique
Prière d’intercession
Notre Père (debout)
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.
Bénédiction finale
Recevons la bénédiction de Dieu
Le Seigneur qui fait grâce nous bénit et nous garde.
Chant spontané debout :
Le culte entier du 1e mars 2026
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