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L'AUDIO DE LA CÉRÉMONIE
Cliquer sur ce lien à droite et retrouvez le son du service. À l’orgue: Sarah KIM. —>
LITURGIE ET PRÉDICATION DE CE CULTE
CULTE D’ACTION DE GRÂCE
pour la famille et les proches de M. Jean-Louis MARMIER (1943-2026)
Le mardi 19 mai 2026, Oratoire du Louvre, Paris
ORGUE, par Sarah KIM
SALUTATION LOUANGE
Avant toute chose, nous nous rappelons
la bonne nouvelle de l’Évangile :
Qui que vous soyez, quoi que vous soyez,
la grâce et la paix vous sont données
Le Seigneur offre sa grâce au monde d’advenir. Sa bonté devient notre pardon, quand nous le recevons.
ACCUEIL
Votre bien-aimé, Jean-Louis MARMIER est né le 09/12/1943 à Rabat, il est mort le 10/ 05/2026 à Hôpital Pitié-Satpêtrière à Paris. Il était âgé de 82 ans.
Il n’est plus relié à nous par le poids de notre vie commune. Pour les croyants, il est dans les mains de Dieu, et pour nous tous ses survivants, il est dans cette assemblée des souvenirs de chacun qui porte une trace de lui qui ne s’effacera pas.
Quand je suis en quête d’un poème, un poème aussitôt se présente
Par la communion avec les choses, je me laisse guider
Le soleil couchant et les roses odorantes sont des choses ordinaires
Mais quand on sait les utiliser toutes sont matière à poème
Nous présents et absents, réunis dans la communion que nous formons, au delà des murs de ce temple.
LEV ANTON DOMINIQUE LINDA BERNARD ELISABETH YANNE FRANCOISE YVAN ET ETIENNE PIERRE MARTINE STEPHANE DEBRA
CHANTEL
(Défunts ) SA MERE DENISE SON PERE LIONEL SON BEAU PERE DIDIER BUD PATRICE
Et tous ceux et celles, que je n’ai pas pu citer, présents, absents sont accueillis dans l’amicalité de la communion du seigneur, au delà des confessions, des limites de l’espace et du temps.
Mais ici et maintenant, nous avons été appelés pour rendre un hommage à Jean-Louis et aussi pour recevoir de la force. Et tous ceux qui participent aujourd’hui à ce culte savent qu’il est aussi une communion, une communion du passé du présent et de l’avenir, des absents et des présents, des visibles et des invisibles, des morts et des vivants.
Nous tous, nous sommes réunis ici dans la confiance mutuelle. Cette cérémonie sera simple, comme sans doute votre bien-aimé l’aurait voulu puisqu’il a laissé des instructions, aussi bien pour la musique que pour les textes qui seront médités tout à l’heure. Une cérémonie donc faite de musique, de silence réel et de méditation des écritures, et de témoignages
Aujourd’hui, ce matin, c’est un temps précieux parce l’assemblée qui le constitue telle qu’elle est ne se reproduira jamais. Bienvenue dans un temps offert.
PRIÈRE
Notre créateur, nous te remettons notre frère. Nous savons que tu l’accueilles dans la lumière de ton règne, et nous t’en bénissons. Nous te remercions pour tout ce que tu nous as donné à travers lui . Nous savons combien il comptait pour nous et combien nous comptions pour lui. Permets nous Seigneur, d’accepter les choses défaites ou simplement esquissées. Merci Seigneur pour les choses accomplies. Nous te remettons l’existence de Jean-Louis, ses chagrins, ses secrets, ses fiertés et ses doutes, et tout ce qui constitue la vie d’un humain sur la terre où nous passons. Bénis Seigneur ce moment et les gens, accorde nous ta présence.
ORGUE
Lectures
Marc 4, 35- 41
35 Le soir de ce même jour, il leur dit : Passons sur l’autre rive. 36Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmènent comme il était, dans le bateau ; il y avait aussi d’autres bateaux avec lui. 37 Survient une forte bourrasque : les vagues se jetaient dans le bateau, déjà il se remplissait. 38Lui dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : Maître, nous sommes perdus et tu ne t’en soucies pas ? 39Réveillé, il rabroua le vent et dit à la mer : Silence, tais-toi ! Le vent tomba et un grand calme se fit. 40Puis il leur dit : Pourquoi êtes-vous peureux ? N’avez-vous pas encore de foi ? 41Ils furent saisis d’une grande crainte ; ils se disaient les uns aux autres : Qui est-il donc, celui-ci, que même le vent et la mer lui obéissent ?
Romains 14, 7
En effet, aucun de nous ne vit pour lui-même, et aucun ne meurt pour lui-même [Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons donc au Seigneur]
LA PRÉDICATION
«passons sur l’autre rive», telle est la traduction habituelle de ce récit choisi par votre bien-aimé. C’est une traduction poétique et suggestive, qui se met en phase avec la suite du texte qui parle de la traversée de ce grand lac, dit la Mer de Galilée, une grande étendue d’eau reputée pour ses subites bourrasques.
Mais le grec, langue dans laquelle a été composé ce récit est plus, je dirais, plus sec, prosaïque. On devrait traduire par: «passons au-delà» ou «de l’autre côté». C’est une expression spatiale et géographique, pas spirituelle.
Cette traduction par «sur l’autre rive» rappelle de la mythologie non biblique, grecque ou égyptienne. Des mythes très puissants étaient déjà anciens à l’époque de Jésus : des récits qui remplissent l’inconscient collectif et qui racontent le passage vers la vie future comme une barque menée par un passeur divin nous permettant de traverser au-delà des eaux terribles.
C’est parce que ces mythes là sont arrivés jusqu’aux traducteurs qu’ils ont traduit ainsi ce passage, qui dès lors est devenu le récit souvent lu ou rappelé lors des services d’obsèques, alors qu’au départ, l’auteur de l’évangile n’avait pas sans doute pas cette intention, je veux dire celle de parler du passage de la mort. Puisque l’auteur parle de gens qui vivants. Ici, en l’occurence: les disciples et Jésus. Et parce que cet auteur s’adresse aux vivants: Ici, en l’occurence, les lecteurs, les auditeurs de ce texte et nous-même ici présents.
C’est à ce moment là que nous pouvons réfléchir de façon subtile, à propos de ce «passons au-delà». Cet au-delà, dans la mentalité de ces Galiléens et de Jésus lui-même, même s’il est invisible, n’est pas dans une dimension différente de là où ils se trouvent. Il est simplement provisoirement hors d’atteinte par la vision. Cet «autre côté» de même n’est pas dans un ciel immatériel, mais, tout simplement, il est ailleurs que là où nous nous tenons.
Il faut bien saisir cette mentalité religieuse de ces juifs de cette époque. C’est une religion qui n’a rien à voir avec la façon que nous avons de distinguer la terre et le ciel, la chair et l’esprit, la matière et les idées, le corps et l’âme. D’une certaine manière, pour eux, tout est sur le même plan, même si tout n’est pas visible, à cause simplement de nos limitations.
Jésus par ailleurs, dans un autre évangile, celui de Luc, déclare cette phrase très surprenante: Dieu n’est pas le dieu des morts, mais des vivants. Car pour lui, tous sont vivants.
Et le passage qui est décrit ici dans ce texte, s’il évoque bien la traversée d’un lac dangereux, pour aller d’un point à un autre, et si nous voulions utiliser ce récit pour évoquer la disparition d’un bien-aimé, alors, nous devrions dire qu’il s’agit du même processus. Jean-Louis, comme tout un chacun a du, tout au long de son existence, franchir des frontières, aller au-delà, aller vers un autre côté qui ne lui était d’abord pas visible mais où il a finalement pu un jour posé les pieds. Je dirais aujourd’hui que même si ce dernier passage pour nous l’a fait disparaître de nos yeux, pour lui, c’est le même voyage qui continue; si toutefois nous entendons bien cette affirmation de Jésus lui-même, que je répète intentionnellement: Dieu n’est pas le dieu des morts, mais des vivants. Car pour lui, tous sont vivants.
Selon l’évangile, ce que doit produire en nous la disparition de quelqu’un que nous aimons, ce n’est pas la constatation de son évanouissement dans la neutralité d’un cosmos absurde, ce serait simplement la prise de conscience de nos limites, à nous qui habitons encore de ce côté-là. Bien entendu, notre peine est grande. Si pour la disparition d’un bien-aimé, les explications sont insuffisantes, pour notre peine, pour notre tristesse; il y a une réponse. Celle de notre solidarité, grâce aux liens qui ont été tissés par notre bien-aimé lui-même. La réponse à notre peine, à notre tristesse, c’est notre solidarité sans faille, entre nous, ses survivants.
Mais en ce qui le concerne et selon l’évangile Dieu n’est pas le dieu des morts, mais des vivants. Car pour lui, tous sont vivants.
Jean-Louis a choisi pour aujourd’hui, en plus du récit de Marc, cette phrase de la lettre de Paul à l’église de Rome, que je vous lis de nouveau:
En effet, aucun de nous ne vit pour lui-même, et aucun ne meurt pour lui-même
C’est sans doute un message qu’il nous adresse, à nous ce matin, petite assemblée dans ce temple de l’Oratoire du Louvre qui a vu passer des Rois de France assister à des funérailles de personnes célèbres en leur temps.
Il nous invite à exercer notre solidarité des gens de côté, je dirais, les gens de cette rive-ci, puisque selon ce texte, vivre pour soi exclusivement, ce n’est pas que ce serait «mal», c’est que cela n’aurait pas de sens. Il nous invite aussi, peut-être, à penser sa mort autrement. Au travers des textes qu’il a expressément choisis, au travers des musiques qu’il a voulu, ou travers des témoignages qu’il a autorisé, il vous invite à aimer à être des vivants solidaires, qui vont pouvoir affronter y compris cette tempête du deuil.
Que le Seigneur bénisse chacune et chacun d’entre vous
AMEN
ORGUE
LES TÉMOIGNAGES
Robert porte-parole de Dominique:
Je dirais de lui qu il était le fils attentionné dont toute mère rêverait, l ami fidèle qui apportait poésie, humour et rayon de soleil dans la vie de ceux qui le côtoyaient. enfin il montrait par sa bienveillance qu il avait l intelligence du coeur.
dans les témoins merci de mentionner ma soeur Catherine qui vit en Italie et qui l aimait beaucoup.
– (…)
– (…)
– (…)
Offrande accompagnée à l’orgue
LA CONFESSION DE FOI
Là où les extrêmes de la vie et de la mort se touchent,
Là est mon Dieu ;
Là où l’espérance et le désespoir s’entremêlent,
Là est mon Dieu ;
Là où les luttes ne trouvent plus leur trêve,
Là est mon Dieu.
Il ne peut pas ne pas être
Au plus sensible
Au plus incroyable
Au plus humilié des mondes
Il est là
Des visages humains sont nimbés de beauté,
Des gestes humains portent son image
Des tendresses radieuses croisent nos chemins
Sans un bruit
Jusqu’au creux étroit de ce qui le fait mourir
Le cœur abrite et adore ce qui le fait vivre
Oui il y a Dieu
Le dire, le redire, le murmurer,
Vaincre l’oubli et nous attendre à le voir paraître, là.
LA PRIÈRE D’INTERCESSION
Je vous invite à vous recueillir, et à vous recueillir les uns les autres.
(…) Le temps progresse et cicatrise……..
Donnes nous la lenteur qui suit la brusquerie
et qui permet la communion….
(silence bref)
Nous croyons en toi et que tu recrée le monde contre l’obscurité et le silence…
Nous croyons en toi et que tu libères ceux que tu sauves et ceux qui se croient libérés….
Nous croyons que la terre a besoin de salut et que ce salut est survenu hier,
aujourd’hui, demain et toujours
Nous croyons, aide nous a vivre ce que nous cherchons à croire .
(silence bref)
Garde nous étonnés de toi, de nous-mêmes afin que chacun de nos jours soit de poussière et … que nous demeurions des enfants, tes enfants…
Pour l’honneur et le bonheur du monde..
(silence bref)
nous te remettons notre frère, en sachant que tu l’as déjà accueilli et que pour lui tout est désormais révélé.
Nous savons que tu l’accueilles dans la lumière de ton royaume, et nous t’en bénissons.
Nous te remercions pour tout ce que tu nous as donné à travers lui
pour l’amour dont il a vécu; pour la joie qu’il a partagée;
pour le travail qu’il a accompli sur cette terre
Nous te prions pour ceux qui sont le plus touchés par cette séparation, Qu’ils se sentent enveloppés de ton amour, et trouvent en toi leur force.
LE NOTRE PÈRE
Notre Père qui est aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés,
Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles, Amen.
EXHORTATION
Psaume 23
1 Cantique de David.
L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. 2 Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. 3 Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.
4 Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent. 5 Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde.
6 Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie,
Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel
Jusqu’à la fin de mes jours
LA BÉNÉDICTION
2 Corinthiens 4:16-18
16 Nous ne perdons pas courage, dit l’apôtre Paul dans sa seconde lettre à l’église de Corinthe, ce n’est pas un souhait ou un conseil, c’est une affirmation.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, chacun et chacune d’entre vous, protège vos souvenirs de Jean-Louis, tourne son visage vers vous, vous donne la paix et la joie. AMEN
ORGUE