LA LITURGIE

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Culte à l’Oratoire du Louvre
Conte, prières, chants et méditation biblique
24 décembre 2025
Veillée de Noël
Liturgie du temps de l’Avent et de Noël
Culte présidé par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Culte accompagné à l’orgue par David Cassan, organiste co-titulaire,
avec la participation du contre ténor Sebastien Fournier.
Orgue :Claude Balbastre « Joseph est bien marié »
Annonce de la grâce
Accueil
Lecture biblique : Esaïe 9
Le peuple qui marche dans les ténèbres
a vu une grande lumière ;
sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de mort
une lumière a brillé.
Cantique
Louange et Prière n° 101 «Ô peuple fidèle », strophes 1,2,3
Adaptation du conte : « le village dans la nuit »
écrit par les pasteurs Danièle Rigollet et Denis Heller.
Partie 1
Récitant : Il était une fois un village loin, très loin, un village où régnait la nuit.
Il y avait des nuits de pleine lune et des nuits remplies d’étoiles.
Et quand la nuit était trop noire, on allumait des lampes, toujours plus de lampes…
Mais c’était toujours la nuit. Et la ville vivait dans la nuit.
Les écoliers vont en classe la nuit.
Le jardinier cultive la terre la nuit.
Le boulanger fait son pain la nuit.
Le fiancé attend la lettre de sa fiancée la nuit.
La grand-mère dans son fauteuil attend une visite la nuit.
La maman prépare le repas avec amour la nuit.
La nuit, toujours la nuit.
Partie 2
Une nuit, un événement inhabituel survint. Un étranger arriva dans le village.
– regardez, regardez, voici quelqu’un qui s’approche !
L’étranger bonjour, boulanger, je voudrais un pain.
(Le boulanger) – Voilà, voulez-vous autre chose ?
E – Je suis seulement de passage. Sauriez-vous où je pourrais dormir ?
– Bien sûr, c’est tout à fait possible.
E – Mais dites-moi, pourquoi fait-il déjà nuit chez vous ?
– Nuit ? Mais c’est toujours la nuit !
L’étranger – Pas toujours, pas partout !
Je viens d’un pays où le soleil se lève le matin et se couche le soir ; où l’herbe est verte, le ciel bleu et les coquelicots rouges sous les rayons du soleil.
Je viens d’un pays où la lumière émerveille les enfants le matin et réjouit les parents la journée.
Je viens d’un pays où l’ombre n’est pas tout, mais seulement la marque du repos, le soir quand la lumière s’estompe.
Cette lumière c’est le jour. Et le jour, pour y voir, on n’a pas besoin de lampe.
– Pas besoin de lampe ! Nous n’avons jamais entendu parler d’une chose pareille, le jour !
Parlez-nous encore du jour ! ah ! si le jour pouvait venir ici ! S’il vous plait, aidez-nous à faire venir le jour chez nous !
L’étranger – Je ne sais pas pourquoi il ne vient pas aussi chez vous, le jour.
Et je ne sais pas non plus comment le faire venir.
Peut-être qu’il faut simplement attendre et espérer sa venue ?
– oui, mais comment attendre le jour ?
Musique
Partie 3
Récitant : Oui, comment attendre le jour ?
– je sais ! Quand j’attends une lettre de ma fiancée, je cours 10 fois, 20 fois à la boîte aux lettres, jusqu’à ce qu’elle arrive. C’est sûrement comme ça qu’il faut attendre le jour : comme une lettre d’amour.
Une personne agée dit – Moi je sais ! Toute la journée dans mon fauteuil j’attends qu’une main tourne la poignée de ma porte et que quelqu’un me rende visite. C’est sûrement comme cela qu’il faut attendre le jour : comme une visite qui illumine toute la journée.
Le boulanger dit : – Moi je sais ! Quand mes pains sont au four et que j’attends qu’ils cuisent, je fronce le nez jusqu’à ce que je sente la bonne odeur du pain doré. C’est sûrement comme cela qu’il faut attendre le jour : comme un bon pain.
Une maman dit – Moi je sais ! Quand je regarde mes enfants et que je pense à l’avenir, c’est avec joie et avec confiance. C’est sûrement comme cela qu’il faut attendre le jour : avec espérance.
Un jardinier dit – Moi je sais ! Quand je me lève toutes les nuits, je vais voir mes arbres et mes plantations. C’est comme cela qu’il faut attendre le jour : en aimant la nature et les hommes qui y vivent.
Une écolière dit – Moi je sais ! à l’école, quand on attend la récréation, on trépigne d’impatience. C’est sûrement comme ça qu’il faut attendre le jour : de tout son corps !
Récitant : Et tous les habitants de la ville se mirent à attendre le jour, avec patience, confiance, espérance…
Musique
Partie 4
Récitant – Bientôt un homme et une femme se présentèrent au village, ils étaient richement vêtus, ils étaient descendu
s d’une très belle voiture.
L’homme dit : – J’ai entendu dire que vous cherchiez le jour, et bien moi, je peux vous le vendre. Si vous le voulez vraiment, vous vous engagez à payer tous les mois et bientôt je vous le fais livrer !
Récitant – Intrigués, les villageois se réunirent.
L’un dit : – Cela m’étonne ! Je ne paie pas les visites de ceux qui viennent me voir !
L’autre doutait : – C’est bizarre ! Nous ne payons pas l’amour des parents, la confiance non plus !
Ils finirent par refuser l’offre – Merci beaucoup pour votre offre mais nous avons décidé de nous passer de vos services.
L’homme : – comme vous voudrez, mais tant pis pour vous !
Récitant – et ils partirent vers d’autres acheteurs plus crédules !
Musique
Partie 5
Récitant – Et tout le village se remit à attendre.
Une nuit les villageois entendirent un bruit terrifiant, qui s’amplifiait encore de minute en minute.
– Mais que se passe-t-il ? Allons rejoindre les autres sur la place ! Mais ce sont des soldats ! que viennent-ils faire ici ?
– Nous sommes soldats et nous pouvons aller chercher le jour pour vous, si vous le voulez. Nous avons déjà gagné de nombreuses batailles car nous sommes les plus forts.
Cette mission ne nous fait pas peur !
– mais, Le jour, c’est comme un mot d’amour, ça ne se prend pas par la force.
– un grand merci soldats, pour attendre le jour, nous n’avons pas besoin de vous !
Récitant – Et tout le village se remit à attendre.
II y eut encore une nuit et puis une autre nuit et encore une autre nuit,
les nuits succédaient aux nuits, sans interruption.
Musique
Partie 6
Récitant : Les villageois avaient pris l’habitude d’attendre, ils ne savaient plus très bien ce qu’ils attendaient,
la visite de l’étranger leur paraissait presque comme un rêve, qui avait éveillé en eux un désir fou.
Une autre nuit encore, et cette fois, on entendit un bruit de pas sur la route menant au village.
– Qu’est-ce que c’est ? on dirait le bruit des sabots d’un âne !
– Oui, c’est un âne, il a l’air fatigué et chargé.
– il y a aussi un homme qui marche devant lui en le tirant.
– je vois une femme sur son dos, mais que tient-elle dans ses bras ?
– c’est un tout petit bébé.
– Ils n’ont pas de bagage, une couverture, un sac, pas plus.
Joseph – Nous cherchons un endroit pour abriter le petit du froid, et prendre un peu de repos. Nous fuyons notre pays car le roi cherche à tuer l’enfant. Pouvons-nous rester chez vous ?
– II y a de la place chez moi, soyez les bienvenus. Plus jamais je ne serai seule si vous acceptez !
– Je vais chercher du pain pour vous, je sens qu’il est cuit à point.
– Je vais ramasser de quoi faire une bonne soupe. J’ai vu tout à l’heure des carottes bien mûres et des poireaux aussi.
– Nous allons chanter, pour endormir l’enfant.
Récitant : Et comme tout le monde se préparait pour fêter l’arrivée des étrangers, alors, le jour se leva.
Choral : «après la longue attente » Strophes 1 à 3
Première Lecture biblique : Matthieu 1, 1-1
Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham
Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères ; Juda, avec Tamar, engendra Pharès et Zara ; Pharès engendra Hesrom ; Hesrom engendra Aram ;
Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naassôn ; Naassôn engendra Salmôn ; 5Salmôn, avec Rahab, engendra Boes ; Boes, avec Ruth, engendra Yobed ;
Yobed engendra Jessé ; Jessé engendra David. Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abiya ; Abiya engendra Asaph ;
Asaph engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ;
Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz ; Achaz engendra Ezéchias ; Ezéchias engendra Manassé ; Manassé engendra Amos ; Amos engendra Josias ; (
Josias engendra Jékonia et ses frères au temps de l’exil à Babylone.
Après l’exil à Babylone, Jékonia engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorobabel ; Zorobabel engendra Abioud ; Abioud engendra Eliakim ; Eliakim engendra Azor ; Azor engendra Sadok ; Sadok engendra Akhim ; Akhim engendra Elioud ;
Elioud engendra Eléazar ; Eléazar engendra Matthan ; Matthan engendra Jacob ; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, celui qu’on appelle le Christ.
Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, et quatorze générations depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ.
Orgue et voix .
Méditation : calendrier du salut.
Noël vient dans la nuit. Dans la nuit du monde, dans la nuit des humains, dans toutes les nuits qu’il faut traverser dans une existence. Comme la nuit du ventre maternel avant que la naissance enfin ne vienne et nous inonde de lumière. Noël est un passage de la nuit à la lumière, une histoire de frontière, entre le temps d’avant et celui d’après. Noël est un présent, un temps entre deux temps qu’il faut construire constamment.
C’est comme cet Évangile, installé dans le passé qui cherche à dire le présent d’un enfant. La généalogie, c’est la matrice dans laquelle notre vie a vu le jour, c’est la nuit de notre jour. Les temps obscurs où il manque tant d’informations, le temps voilé qui ne se souvient que de ce qu’il veut du passé.
Une généalogie, c’est le récit dans lequel est enracinée notre vie. Pour le meilleur et pour le pire. Raconter les ancêtres n’est pas une sinécure. On est fier de certains, on les admire, on les imite, on s’en inspire, mais parfois de certains autres, on a honte, on les renie, on les refuse et l’on veut du nouveau.
Aucun enfant ne naît nulle part. Il a de toute façon sa part, dans cette chaîne ininterrompue de naissances qui ont mis au jour des vies formées dans les ténèbres des entrailles du temps.
La généalogie selon Matthieu est un calendrier de l’avent, sa matière est le temps. La question n’est pas : « qui est Jésus? » Mais : « quel moment est Jésus ? ». La généalogie est le temps du récit d’un peuple avec Dieu.
Dans le calendrier luni-solaire des Hébreux, se mêle le temps du travail de la terre à celui de l’alliance avec Dieu. Les générations se succèdent selon le rythme de la lune et du soleil, dans un essai d’harmonisation constante des temporalités divine et humaine.
Quatorze générations se succèdent d’Abraham jusqu’à David. Comme les quatorze jours qu’il faut à la lune pour accomplir ses phases. D’obscurité en croissant de lune, de croissance en déclin, la généalogie mesure le temps du salut en existence humaine. Quatorze générations, du père des croyants au roi d’Israël. Quatorze vies, et récits de vie pour accomplir une promesse. Des vies en mouvement, comme celle d’Abraham, des vies qui trichent, comme Jacob, le « talonneur » en hébreu, qui sera père de douze tribus après avoir pris le droit d’aînesse à son frère. Des vies qui s’adaptent, comme celle de Juda qui épouse une cananéenne et aura deux fils de la femme de son fils défunt ; Tamar sera enceinte, elle aussi de jumeaux, et Juda dira d’elle : « elle est plus juste que moi ». Dans cette histoire lunaire, il y a des combats à mener, des murailles à percer, et sa place à gagner. Salmone aura un fils de Rahab la prostituée, celle qui vivait dans la muraille de Jéricho. Enceinte dans l’enceinte de la cité qui marque l’arrivée dans la terre promise. Le salut passe où il veut, et convertit l’interdit en temps. Rahab la « catin » (en hébreu) , devenue la fidèle, est adoptée par le peuple qui cherche son avenir. À la génération d’après, au temps des juges, Booz acceptera de voir l’Étrangère Ruth comme l’enceinte de son temps. C’est par elle qu’il aura un fils : Obed, le père de Jessé.
La lune est maintenant pleine, la lumière s’est levée dans les ténèbres.
Voici le roi qui danse devant son temple. Le bien-aimé David règne sur le temps des croyants.
AH !? Mais déjà une éclipse vient cacher sa lumière : la trahison d’Urie, écorche l’amitié et Bethsabée ne pourra pas dire non à ce roi qui exige. La mort passe comme la nuit sur le règne prometteur. David pleure son premier-né, dans la généalogie, il n’est pas nommé, dans la Bible non plus d’ailleurs. Comme si les essais de vie n’avaient pas droit de citer. À moins que ce soit la peine, qu’il fallait écarter.
Mais la lumière revient et voici Salomon, pourvoyeur de sagesse et de paix. De Josaphat le juste qui craignait Dieu, jusqu’à Ezéchias qui sauva Jérusalem de la destruction et lui apporta l’eau potable, les rois se succèdent au milieu des invasions et des guerres. Les empires passent sur la terre de la promesse et le croissant de lune du temps de Dieu s’efface petit à petit.
La lune décroît jusqu’à l’obscurité de l’exil.
Mais personne ne peut arrêter le temps de Dieu, ni les empires, ni les guerres, ni la méchanceté humaine.
Comme une pliure du temps, l’exil marque la page où s’inscrit l’histoire du peuple de Dieu. En creux dans la longue lignée des gestations, le temps chaldéen, à Babylone, semble faire le chemin inverse à la longue marche d’Abraham. Retour à la case départ ? Mais la pliure n’est pas rupture, le petit reste d’Israël rentrera à Jérusalem, par l’entremise de Cyrus le Perse.
Alors, c’est un autre temps qui commence, un temps liturgique, le temps du temple, un temps qui se compte en prières, fait d’encens et de sacrifices. Le temps agricole est subordonné à la religiosité du retour. Réaction au déracinement de l’exil, Zorobabel, le gouverneur judéen ramène son peuple vers le temple. Le temps nouveau sera religieux ou ne sera pas. Temps des prêtres, les quatorze générations qui suivent sont celles de la sacralité de la vie. C’est sous le signe d’Aaron que se placent désormais les descendants d’Abraham. On dit qu’on ne connaît pas les noms de cette partie de la généalogie, mais il semble bien que ces noms soient ceux des prêtres qui se sont succédés jusqu’à la naissance de Jésus. Il ne naît pas de Joseph, descendant des tribus, du travail de la terre, de Booz le moissonneur ni de Salmane le guerrier ; Jésus descend d’une femme faite temple, Marie, descendante de la lignée du grand prêtre Aaron, frère de Moïse.
D’un temps à l’autre, la généalogie est passée de la lune au soleil, comme si Jésus était le jour du sabbat, commençant par l’apparition de la première étoile, jour offert à Dieu.
Nous sommes faits de temps, et nos récits de vie, inscrivent nos existences sur de grands calendriers, de pliures en déchirures, de temps bénis en temps obscurs, tout passe, seule la promesse demeure.
Cantique : Louange et Prière n° 103 « D’un arbre séculaire », strophes 1,2,3
Lecture biblique : Matthieu 1, 18-25
Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit saint. Joseph, son mari, qui était juste et qui ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la répudier en secret. Comme il y pensait, l’ange du Seigneur lui apparut en rêve et dit : Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient de l’Esprit saint ; elle mettra au monde un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait dit par l’entremise du prophète :
La vierge sera enceinte ; elle mettra au monde un fils
et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous. A son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme chez lui. Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils, qu’il appela du nom de Jésus.
Orgue et voix
méditation : le rêve
Noël vient dans la nuit. Et c’est dans la nuit que Joseph rêve….
Dans la tension extrême des soucis et l’angoisse d’une situation qui lui échappe, le fils de Jacob s’est réfugié dans le sommeil.
À moins que ce ne soit l’Éternel qui l’ait plongé dans cette torpeur adamique où le premier humain du récit des commencements avait trouvé son vis-à-vis en la personne d’Ève.
Temps hors du temps et pourtant nourri de tous les moments vécus, le rêve est cet espace où le réel peut se dire, se montrer tel qu’il est, loin des injonctions extérieures, des pressions sociales et jugements moralisateurs.
Joseph rêve ce qui ne semble pas possible dans sa tradition.
Étrangement, c’est dans les heures de veille que Joseph fantasme une vie faite d’images et le désirs convenus. Le rêve, lui, ne ment pas sur ce qu’il y a a faire, à dire ou à être.
Marie est sa femme. Aucun reniement, aucun acte de répudiation ne pourra changer ce fait.
L’oniromancie, science plus fiable que tout autre, enseigne à Joseph ce qu’il a à vivre. Et dans la transgression des règles établies, dans l’opprobre qui sans doute entourera son mariage, Joseph se sent plus à sa juste place que dans tout renoncement.
Comme s’il se voyait lui-même en vis-à-vis, Joseph voit sa conscience lui annoncer sa promesse, celle qui lui est réservée : il sera le père d’un fils qu’on appellera le Christ.
Il aurait pu s’accommoder des circonstances, se cacher dans le secret pour couper court à son alliance, mais ce qu’il pressentait sans doute en aimant Marie lui éclate à la conscience : l’alliance qu’il a noué avec elle, dépasse sa propre vocation, il sera père du salut pour tout un peuple. Le rêve a dénoué les inquiétudes de la veille.
Peut-il, à lui seul, rompre la longue lignée des porteurs d’espérance ?
Abraham, Booz, David, Salomon, et tous les autres, sont présents dans ce temps instantané du rêve. Comme si la profondeur du temps s’étalait devant lui dans une égalité sacrée : il sera tel Abraham voyant sa descendance en Sarah, il sera comme Booz osant aimer Ruth la moabite, il sera comme David dans le tragique d’une alliance folle, et sans doute fera-t-il advenir la paix de Salomon en acceptant de marcher près de Marie, mère du sauveur.
À son réveil, Joseph fait ce qu’il a vu. Dieu est avec lui, de qui aurait-il peur ?
Les critiques passeront, les rumeurs cesseront, quand le sauveur naîtra.
Tout passe, seule la promesse demeure.
Cantique : « Voici Noël, Ô douce nuit », strophes 1,2,3
Lecture biblique : Matthieu 2, 1-12
Après la naissance de Jésus, à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus nous prosterner devant lui. À cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il rassembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui dirent : À Bethléem de Judée, car voici ce qui a été écrit par l’entremise du prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certainement pas la moins importante
dans l’assemblée des gouverneurs de Juda ;
car de toi sortira un dirigeant
qui fera paître Israël, mon peuple.
Alors Hérode fit appeler en secret les mages et se fit préciser par eux l’époque de l’apparition de l’étoile. Puis il les envoya à Bethléem en disant : Allez prendre des informations précises sur l’enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi je vienne me prosterner devant lui.
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Or l’étoile qu’ils avaient vue en Orient les précédait ; arrivée au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent l’enfant avec Marie, sa mère, et tombèrent à ses pieds pour se prosterner devant lui ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis en rêve de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Orgue et voix
Méditation : La Chaldée par un autre chemin.
Noël vient dans la nuit. Comme cette étoile que les mages venus d’Orient suivent sur leur route caravanière.
Matthieu écrit à Antioche sur l’Oronte, autrefois soumise à l’empire babylonien. Antioche, étape occidentale de la route de la soie, carrefour des pistes caravanières qui viennent de la Chine lointaine, de l’Arabia Felix et de l’Égypte. Lieu d’échanges commerciaux, culturels et religieux, Antioche la grande est une grande conversation entre les peuples et les dieux.
Les mages venus jusqu’à Jérusalem apportent avec eux la Chaldée, ce qui, dans le langage de la Bible, revient à dire : Babylone. L’oppresseur d’hier refait le chemin d’Abraham pour adorer l’enfant de l’Éternel.
La pliure du temps marquée par l’exil connaît alors sa rédemption. C’est Babylone qui vient se prosterner devant le petit de Bethleem.
Eux, les astronomes, inventeurs des cycles du temps compté par les humains, capables de prévoir les éclipses de soleil et les phases de la lune, adorateurs du feu qui repousse l’obscurité, pourvoyeurs de l’idée d’amour du prochain, ils marchent de nuit en suivant l’étoile des bergers d’Israël.
Conversion du temps tout entier, où se répare une humiliation.
Avec eux, c’est l’or du Soudan, l’encens du Liban et la myrrhe du Yémen qui remontent à Bethléem, la maison du pain. Le petit peuple qui demande à Dieu de lui procurer son pain quotidien reçoit les richesses des puissants, pour un petit enfant qui vient de naître.
Ces mages zoroastriens sont chargés de propager la bonne nouvelle, selon les textes du royaume d’Elam. Prêtres de la religion Perse, ils servent de précepteurs aux fils de rois et interprètent les songes du souverain. Ils sont aussi les seuls à pouvoir assurer, en tant que prêtres, la pureté des sacrifices.
Ils ont tant en commun avec cette famille installée dans une étable. Marie la descendante d’Aaron de prêtre, Joseph, le descendant du ministre rêveur, et Jésus, bonne nouvelle pour un monde dans la nuit.
Noël vient dans la nuit, comme une frêle lueur sur nos vies.
Noël vient convertir l’espace en temps et le temps des calendriers en éternité. Les guerres ne dureront pas toujours, les exilés pourront rentrer dans leur patrie, les humiliés d’hier seront honorés dans leur dignité retrouvée et le pain quotidien ne manquera plus.
Noël vient dans la nuit comme un feu qui repousse les ténèbres de la sauvagerie.
La naissance de Jésus éclaire notre naissance. Enfants de Dieu, nous sommes inscrits dans le grand calendrier du salut ; notre histoire a commencé bien avant nous, dans la promesse faite à nos devanciers dans la foi et elle continuera, dans les enfants à naître qui, à leur tour, inventeront un temps d’où toute larme disparaîtra. Comme Esaïe l’a promis :
« Ton soleil ne se couchera plus, Et ta lune ne s’obscurcira plus ; car l’Éternel sera ta lumière à toujours et les jours de ton deuil seront passés. » ( Esaïe 60-20 )
AMEN.
Orgue : Bach Aria extraite de la pastorale .
Cantique : Louange et Prière n° 91 « quel est cet astre radieux », strophes 1,2,3
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Offrande
Orgue : Claude Balbastre « A votre bonté grand Dieu »
Prière d’intercession de Noël
Avec leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et avec leurs lances, ils feront des faucilles. On ne lèvera plus l’épée un pays contre l’autre, on ne s’exercera plus à la guerre. Vous, les descendants de Jacob, en route ! Marchons dans la lumière du Seigneur !
Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen
Cantique de Noël : Louange et Prière n° 112 « O nuit bienveillante », strophes 1 à 3
Bénédiction
Joyeux Noël !
Cantique:« Il est né le divin enfant » strophes 1 à 4
Orgue : Louis Claude Daquin « 10ème Noël »