LECTURE PUBLIQUE DE L'ECCLESIASTE, 30 MAI, 10H, TEMPLE
L’Ecclésiaste, en hébreu « Qohelet » *
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Un monument de la sagesse biblique, dont la composition date de la période Perse, attribué au « fils de David, roi à Jérusalem » (Eccl. 1:1).
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Concept clé : (hevel), décrivant la vie comme une vapeur fugace et insaisissable (Eccl. 1:2).
- Réputé pour ses contradictions, mais dont la lecture dialogue montrera qu’il ne s’agit que d’un débat entre deux voix intérieures.
- Connu pour des expressions qui ont traversé le temps: « Rien de nouveau sous le soleil » « vanité, tout est vanité », « Il y a un temps pour tout » » « Tout va dans un même lieu ; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière » et un peu moins connus : » mieux vaut un chien vivant qu’un lion mort » , « le fou parle »
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Impression à la première lecture : Tout est un éternel recommencement et « rien de nouveau n’existe sous le soleil » (Eccl. 1:9).
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Un livre déroutant car il se moque de la pensée des Proverbes et irait jusqu’à réduire en fumée la démarche de Job.
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Le nom Qohelet (קֹהֶלֶת) est un petit casse-tête linguistique qui donne au livre son caractère unique dès le premier mot. Voici le décryptage de sa forme et de son voyage sémantique.
La forme verbale : Un participe intrigant
Le mot est construit sur la racine hébraïque (קהל), qui exprime l’idée de « rassembler » ou de « convoquer ».
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Le paradoxe du genre : grammaticalement, Qohelet est au féminin. Pourtant, le texte l’identifie clairement à un homme (le fils de David, le Roi).
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Pourquoi le féminin ? Les linguistes suggèrent deux pistes :
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Il s’agit d’un nom de fonction ou d’un titre officiel (un peu comme « Sa Majesté » ou « Votre Éminence », qui sont féminins en français mais désignent souvent des hommes).
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Cela pourrait désigner la Sagesse personnifiée, qui est un nom féminin en hébreu (Hokhmah). NB: aussi en grec (σοφία)
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2. De l’hébreu au grec : La naissance de l’Ecclésiaste
Le passage du nom hébreu au titre français que nous connaissons aujourd’hui s’est fait en deux étapes historiques majeures :
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L’étape grecque (La Septante) : Au IIIe siècle av. J.-C., les traducteurs juifs d’Alexandrie ont cherché un équivalent pour l’assemblée hébraïque (Qahal). Ils ont choisi le mot grec Ekklesia (qui signifie « assemblée » ou « congrégation »). Celui qui s’adresse à cette assemblée est devenu l’Ekklesiastes.
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L’étape latine (La Vulgate) : Saint Jérôme a simplement translittéré le terme grec en latin : Ecclesiastes.
En résumé : on pourrait traduire Qohelet par « l’Animateur / Animatrice du débat », « le Prédicateur/la Prédicatrice » ou même « le/la Porte-parole ». Le terme « Ecclésiaste » a survécu par tradition liturgique et a donc été rendu complètement incompréhensible par nos contemporains.
Pour l’exprimer d’une façon plus profonde: Qohelet est celui/ celle qui FAIT l’assemblée!
En grec= ek (ἐκ), « Hors de », « au-dehors », « depuis »
kaleô καλέω : Appeler »« convoquer »
ek-klèsia: « les appelés au-dehors »
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