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Strophe 1
Mon Dieu, quelle guerre cruelle,
Je trouve deux hommes en moi !
L’un veut que, plein d’amour pour toi
Mon coeur te soit toujours fidèle ;
L’autre, à tes volontés rebelle,
Se révolte contre ta loi.
Strophe 2
L’un, tout esprit et tout céleste,
Veut qu’au ciel sans cesse attaché
Et des biens éternels touché
Je compte pour rien tout le reste ;
Et l’autre, par son poids funeste,
Me tient vers la terre penché.
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Strophe 3
Hélas ! En guerre avec moi-même,
Où pourrais-je trouver la paix ?
Je veux et n’accomplis jamais ;
Je veux, mais, ô misère extrême !
Je ne fais pas le bien que j’aime
Et je fais le mal que je hais !
Strophe 4
Ô grâce ! ô rayon salutaire !
Viens me mettre avec moi d’accord ;
Et, domptant par un doux effort
Cet homme qui t’est si contraire,
Fais ton esclave volontaire
De cet esclave de la mort.
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