- Accueil
- Biographie
- Ernest Dhombres
Ernest Dhombres
Partage
Ernest Dhombres, né le 16 mars 1824 au Vigan, Gard — fils de pasteur — et mort le 10 décembre 1894, est pasteur à l’Oratoire du Louvre de 1869 à 1877.
Il fait ses études secondaires au lycée de Nîmes, puis ses études de théologie à Genève, après avoir été fortifié dans sa vocation par la lecture d’Alexandre Vinet et d’Adolphe Monod, que son ami Numa Recolin lui fait découvrir. À Genève, il a pour condisciple Henri Paumier et Athanase Coquerel fils. En août 1846, il soutient à Strasbourg sa thèse de baccalauréat en théologie (Essai sur le quiétisme, Strasbourg, Berger-Levrault, 1846, 60 p.). Après avoir été le suffragant de son père au Vigan d’octobre 1846 à mai 1847, il est consacré le 24 juin 1847 et, le 30 août, obtient la chaire d’Alès, alors l’une des plus prestigieuses du Midi.
Le 9 mai 1857, il est appelé à Montpellier en remplacement de Louis Rognon, devenu le suffragant d’Antoine Vermeil à Paris en décembre 1856. En février 1860, il est choisi comme suffragant de Vermeil, à la place de Rognon qui a été nommé pasteur titulaire à Paris. Le 25 mai 1867, il est élu pasteur titulaire en remplacement de H. F. Juillerat, décédé. En 1869, après le décès de Rognon, il devient le pasteur de la seconde section de la paroisse de l’Oratoire qu’il conserve jusqu’en 1877, date à laquelle il passe à la paroisse du Saint-Esprit. Le 31 mars 1894, il doit démissionner en raison d’une cécité complète qui l’affectait depuis 1888.
Membre du Conseil central des Églises réformées, de la Commission permanente du Synode officieux, président de l’Institution des Diaconesses, membre du comité de rédaction du Christianisme au XIX siècle, il est, avec Louis Vernes à la même époque, le pasteur le plus fortuné (en raison de son mariage avec Mathilde Barafort, fille de François Barafort, magistrat et président de chambre à Lyon), et le mieux intégré à l’élite protestante parisienne.
Il est avant tout un prédicateur, improvisateur, émotif et doloriste. Memor (pasteur Hirsch), relate dans Personnes et choses vues (Fischbacher, s.d., p. 233), le comportement totalement inspiré de Dhombres, déjà aveugle, prêchant sur Je suis la lumière. Toute sa vie, il se sent un grand prédicateur et sa parole s’en ressent. Dans ses recueils de sermons se dessine le hiatus entre la performativité rhétorique de son discours et le contenu théologique, extrêmement étroit, voire pauvre.
Il a une relation épistolaire avec le professeur Ernest Renan et nombre de prêtres catholiques — il est à ce titre précurseur de l’œcuménisme.