Le culte en video
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LE TEXTE DE LA PRÉDICATION
PRÉDICATION DU 12 JUILLET 2026
Par Robert Philipoussi. Oratoire du Louvre
dialogue diabolique et chantage identitaire
Le diable, dia-bolos, celui qui, en grec jette en travers, se jette en travers, s’inter-pose, divise, est l’un des partenaires de ce dialogue diabolique. Un dialogue qui n’en est pas un, car un Dia-logue/Dia-logos, toujours en grec, c’est la parole qui circule, qui traverse. Le dialogue diabolique est la parole barrée, comme un ruisseau obstrué par un barrage d’immondices. Le diable arrive mettant d’emblée sous le nez de Jésus une double contrainte. Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Cette première phrase est l’archétype de la manipulation.
Jouant sur l’identité qui lui a été conférée lors de son baptême/adoption, le diable enferme Jésus dans deux possibilités aussi mortelles l’une que l’autre.
Jésus a faim. Le personnage du diable a repéré la situation de manque et s’appuie sur elle pour faire levier. Si Jésus ne transforme pas les pierres en pain, il reconnaît qu’il n’est pas le fils de Dieu, même si ce pouvoir associé à cette identité est une pure invention du diable. Et s’il transforme les pierres en pain, il protègera en effet cette identité, mais il s’agirait alors d’une identité spoliée car elle se serait réalisée dans une soumission au diable. Dans les deux cas, Jésus perd sa liberté et son identité présumée. Vous avez ici un cours de catéchisme pour les militants des premiers temps de l’évangile. Comment s’en sortir ? En exerçant le principe de la troisième voie. Et c’est en connaissant déjà la possibilité d’une troisième voie dans toute situation de double contrainte que l’homme commence à se rendre libre. Le personnage de Jésus répond par une citation de l’Ecriture : « l’homme ne vivra pas de pain, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu ». En citant le livre du Deutéronome, il se sauve provisoirement et rappelle au passage que c’est la parole de Dieu émise lors de son baptême qui reste fondamentale. Mais tout bon manipulateur sait s’adapter. Le diable a repéré la tactique de défense de Jésus, et il adopte immédiatement les mêmes armes dans sa stratégie de possession de l’individu en face. Il l’emmène au sommet du temple, lui dit de se jeter en bas, et il se met lui aussi à citer l’Ecriture, en l’occurence un extrait du Psaume 91, qui dit que des anges serviront, en gros, de parachute. Et encore une fois, il commence sa deuxième manipulation par « si/ puisque/ tu es fils de Dieu ».
Jésus , pour se défendre, continue de citer l’Ecriture, mais en disant :
« il est aussi écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ». Jésus commence à gagner. D’une part, cette citation de l’Ecriture le restitue en filiation divine sans qu’il ait eu besoin de se soumettre à une des alternatives diaboliques.
Et d’autre part, la contre-citation biblique, le « il est aussi écrit », déjoue la méthode qui consiste à citer l’Ecriture pour arriver à ses fins. L’Ecriture n’a pas à être employée dans un processus de manipulation. Elle est suffisamment riche pour se contredire, pour que son esprit contredise sa lettre. Du coup, le diable ne peut plus employer cette méthode. Jésus n’est pas fondamentaliste. Le diable, pour arriver à ses fins, l’a été. Irais-je jusqu’à dire que le fondamentalisme est diabolique? Il faudrait alors que je m’appuie de façon fondamentaliste ou à tout le moins littéraliste sur ce texte précis, je ne l’affirmerai donc pas… à moins de reprendre l’étymologie du terme dia-bolique: que se met en travers en gros de la recherche de la vérité, et à ce compte-là, oui, pourquoi pas?
A cet instant du récit le diable n’a plus d’argument fin. Il va se révéler grossièrement. Révéler sa véritable motivation. Il offre à Jésus tous les royaumes du monde si Jésus se prosterne et l’adore. A ce moment de révélation, Jésus le nomme « Satan » dévoile donc sa véritable identité : l’adversaire.
C’est donc une grande victoire sur un adversaire qui manipulait sur l’identité. Jésus cite une dernière fois l’Ecriture, qui invite à ne pas se prosterner devant d’autres dieux. Le diable s’en va. Le récit, finement, prévoit une apparition d’anges ! Ceux qui ne sont justement pas venus dans le moment de l’épreuve. Tout à l’heure même les anges auraient participer à la manipulation. Méfions nous de faux-anges, qui courent les rues
Comment posséder quelqu’un ? Comment en somme ruiner sa liberté, et en fin de compte le tuer ? En employant la manipulation diabolique qu’on peut évidemment complexifier à l’extrême… Comment en savoir plus pour se prémunir de la tentation diabolique?
ORGUE
Il faut lire le récit de l’épreuve dans le désert avec le baptême de Jésus qui la précède. C’est un modèle pour assainir les relations avec autrui et déjouer les pièges manipulatoires; ce texte a tout l’air d’être un bréviaire d’auto défense intellectuelle adressés aux premiers croyants au Christ. Si on le garde en référence constante, il permet de viser un souverain bien : la liberté, et d’essayer de voir chez l’autre ce qui lui permettrait d’être plus libre. Ce texte d’architecture simple, observé dans la première partie de cette prédication, touche un problème complexe : l’identité. Devenir libre n’est pas le résultat d’une auto-proclamation auto hallucinatoire du type Je suis libre !
C’est aussi le produit d’un travail permanent. Si les déterminismes éducatifs et biologiques sont massifs, il serait peut-être possible de se « libérer de » certains manques originels, certaines blessures. Mais au-delà des déterminations de sa vie de poussière, le croyant peut se référer à une surdétermination, celle de la présence de Dieu. La présence du Dieu-libre, vient contrer les fatalités, ces méchantes fées des origines qui se sont un jour regroupées autour de notre berceau.
Dieu libre en nous, nous rend libre et déjoue ce qui devait se jouer. L’athée se moque, et parlerait de méthode Coué, d’auto suggestion. Parlez-en à Jésus, et parlez en aux masses de gens qui ont retrouvé le sentiment de liberté via les principes de l’évangile. Parlez en à Luther, parlez en aux esclaves enchainés qui ont inventé le gospel. Remède miracle? Surement pas. Mais l’évangile loin de là n’est pas qu’un anesthésiant de masse, ni uniquement un opium du peuple.
Reprenons. Comment posséder quelqu’un ? Comment ruiner sa liberté, et en fin de compte le tuer ? En complexifiant la manipulation diabolique observée dans la première partie.
Le chantage identitaire, tout le monde y succombe. Par exemple : le parent qui dit à son enfant (par définition, faible d’être l’enfant face à un adulte) : Puisque tu es mon fils, tu dois m’aimer, donc m’obéir. L’amoureux qui dit à celle qui bientôt ne l’aimera plus : Puisque tu m’aimes, puisque tu es celle qui m’aime, tu dois faire cela..
Cette persécution identitaire est la source de nombreuses névroses, ou de graves crises de confiance en soi, et l’on retrouve souvent des personnes échouées de la vie, totalement manipulées encore par quelqu’un qui peut-être n’existe même plus. Un parent par exemple qui aurait dit pendant toute l’enfance de sa progéniture: toi, tu n’arriveras jamais à rien.
Le paroissien qui dit à son pasteur : Puisque vous êtes pasteur, vous devez être ceci ou faire cela. Le pasteur qui dit à ses paroissiens : Puisque vous êtes chrétiens, vous devez faire ceci ou cela. A chaque fois, l’interlocuteur sort perdant de ce jeu de dupes.
Le rhéteur politique qui pour se faire élire flatte son électorat : Puisque vous êtes: intelligents, souffrants, révoltés, pauvres, riches, entrepreneurs ou gonflés par un sentiment de déclassement, vous devez comprendre que j’incarne la seule politique possible. On le sait, l’acte d’engagement politique ou de vote devrait se faire non pas par notre identité, mais par la recherche du meilleur programme pour le bien commun, mais cela n’arrive pas, puisque ce sont presque toujours nos identités, au sens large, qui sont flattées pour nous faire agir.
Mais dans l’histoire du mal, qu’un jour il faudra bien écrire, cette tentation diabolique est allée loin : Avec sa passion du néant, elle a frappé des identités : puisque tu es juif, tu n’as plus le droit d’exercer de fonctions publiques. Et ultimement : Puisque tu es juif, tu dois mourir (ou homosexuel ou tzigane) . Et Dieu sait et nous espérons qu’au moins il le sache, si l’appartenance ethnique ou confessionnelle revendiquée ou familiale, qu’elle soit juive, palestinienne, tutsie, et même protestante a été le prétexte à massacres de masse. De toute façon, cette histoire du mal racontera la longue litanie des massacres de masse, litanie qui est un des propres de l’homo sapiens, dont la plus grande dérive est l’auto-destruction, et tous les raisons rationalisantes et dans la plupart du temps, marchandes- car l’argent dans notre monde recycle et justifie tout, de ces comportements, ne masquent pas l’ultime vérité: celle de la cause pour laquelle nous nous infligeons tant de mal.
La manipulation par l’identité est très efficace et mortelle. Le but ultime de cette manipulation est la possession par le meurtre. Manipuler ainsi, à n’importe quel degré serait un commencement de meurtre. Eduquer de cette façon, selon moi, c’est littéralement « éduquer à mort ».
Mais il y a des moyens de s’en préserver. Pour se faire, il faudrait se décrocher un peu quand cela est encore possible- c’est à dire avant que la fuite ne devienne l’unique option des identifications sociales dans lesquelles nous sommes pris et sur lesquelles, nos maris, nos femmes, nos enfants, nos parents, nos employeurs et aussi nous-mêmes jouons pour nous avoir la sensation d’exister mais dans lesquelles nous ne ferions que nous enfermer. Quand je suis attaqué ou manipulé sur mon identité, n’importe laquelle, sociale professionnelle, raciale, religieuse ou ethnique, je tends la joue gauche. C’est à dire que je me moque provisoirement de l’identité purement fonctionnelle sur laquelle on m’attaque. Et je me reporte à ma véritable identité, que Dieu seul connaît, présence de Lui dans ma petite vie faite de manques et de folies ordinaires. Dans le baptême de Jésus, j’entends cette voix miraculeuse qui vient du ciel qui dit : Celui-ci est mon fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. Et dans ces mots, je n’entends pas :« Puisque tu es mon fils, tu vas faire ceci ou cela, par exemple mourir sur une croix» . J’entends : Toi, je t’aime. Je t’aime parce que je t’aime et pour t’aimer. Il n’y a pas de condition. Pas de manipulation. Pas de meurtre. Au fond de lui, Jésus avait peut-être cette pensée, héritée de son baptême, quand toute cette hystérie se développait autour de lui : « C’est ça, jetez moi des pièges, appelez moi rabbi, maître, prophète, Galiléen, Christ comme ci ou Christ comme ça, roi des Juifs ou que sais je encore. Je ne suis pas celui que vous croyez , et je ne le serai jamais». Amen.
LA LITURGIE
DÉROULÉ DU CULTE DU 12 JUILLET 2026
Présidé par Robert Philipoussi. Accompagné à l’orgue par Aurélien Peter.
Canicule.
ORGUE
Salutation, annonce de la grâce
Nous somme venus car nous avons été invités. Amicalité et fraternité entre nous. Reconnaissance mutuelle. Il est dit que le seigneur nous accueille mais sans nos mains, nos regards et nos voix, nous ne le saurions pas. Bienvenus à chacun et chacune, bienvenus dans ce temps de culte à vous ici présents, et à vous présents aussi et qui nous suivez par internet.
RÉPONS
Louange
Je louerai Dieu à la place de l’attendre, de le comprendre ou l’entendre. Je louerai Dieu sans l’attendre, le comprendre ou l’entendre. Ma voix ne sera que le passage de la louange primordiale qui résonne dans un monde unique où quand des voix sont étouffées toujours d’autres voix viennent surpasser le silence. Que ma louange Seigneur absolu et impensable ne soit que le reflet de la puissante mélodie créatrice, qu’elle ne soit que résonance, témoin fièrement imparfait du souvenir de ta bonté, de l’espérance que cette bonté gagne, envahisse et convertisse cette humanité à bout de souffle. AMEN.
CHANT PSAUMES 103, STROPHES 1, 3, 4
Volonté de Dieu
Nous recevons l’expression de la volonté de Dieu au travers d’un extrait du Deutéronome :
J’en prends aujourd’hui à témoin le ciel et la terre, dit le Seigneur : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et les tiens pour aimer l’Eternel ton Dieu, pour obéir à sa voix et pour t’attacher à lui.
RÉPONS
Prière de conversion
Seigneur,
Viens toi-même retrouver en nous ce qui est perdu,viens au secours de notre faiblesse,et calmer nos peurs et calmer nos souffrances.
Merci pour ta présence qui exauce notre prière. Amen.
RÉPONS
Annonce du pardon
Le Seigneur, qui nous as accueilli pour ce moment, renouvelle pour nous l’annonce de son pardon. Il allège notre dette. Nous en libère. Levons-nous et chantons notre reconnaissance.
RÉPONS
Confession de foi
Je crois au Dieu un, Dieu d’amour tout puissant et libre,
créateur des choses visibles et invisibles, qui parle à tous et aime sans conditions.
Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu et humain, qui annonce la grâce pour qu’en la saisissant,nous devenions des assoiffés de justice.
Je crois au Saint-Esprit, puissance créatrice, présence et sagesse de Dieu,qui atteste que nous sommes enfants de Dieu.
Je crois que la véritable nature de l’humain, image de Dieu, est de faire le bien.
Je crois que par l’amour, la vie touche à la vie éternelle et qu’en Dieu, nous demeurons dans la dignité et la liberté.
RÉPONS
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité ».
LECTURE Matt 3,13- 4, 11
13 Alors Jésus arrive de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour recevoir de lui le baptême. 14Mais Jean s’y opposait en disant : C’est moi qui ai besoin de recevoir de toi le baptême, et c’est toi qui viens à moi ! 15Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il convient qu’ainsi nous accomplissions toute justice. Alors il le laissa faire. 16Aussitôt baptisé, Jésus remonta de l’eau. Alors les cieux s’ouvrirent pour lui, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17Et une voix retentit des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir.
1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit au désert, pour être mis à l’épreuve par le diable. 2 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. 3Le tentateur vint lui dire : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. 4Il répondit : Il est écrit : L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. 5Le diable l’emmena dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple 6et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit :
Il donnera à ses anges des ordres à ton sujet, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.
7 Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne provoqueras pas le Seigneur, ton Dieu. 8Le diable l’emmena encore sur une montagne très haute, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, 9et lui dit : Je te donnerai tout cela si tu tombes à mes pieds pour te prosterner devant moi. 10Jésus lui dit : Va-t’en, Satan ! Car il est écrit : C’est devant le Seigneur, ton Dieu, que tu te prosterneras, et c’est à lui seul que tu rendras un culte. 11Alors le diable le laissa, et des anges vinrent le servir.
CHANT PSAUMES 25, strophes 2, 4
Prière d’illumination
Seigneur,
Tu nous as invité chez toi, pour vivre, un moment, avec toi.
Dis-nous ce que tu as nous dire.
Nous t’en remercions.
AMEN
ORGUE
PRÉDICATION
ORGUE
CHANT PSAUMES 19, strophes 1, 2, 3, 4
ANNONCES
OFFRANDE/ ORGUE
Prière d’intercession
Notre Père
Bénédiction
Allons en paix, frères et sœurs dans ce monde si difficile à habiter, ce monde aux possibilités étonnantes et qui semble avoir perdu la tête. Chaque jour pensez à votre Dieu.Qu’Il demeure avec les présents et avec les absents, avec les vivants et avec les morts, pour le temps et pour l’éternité et avec vous et avec les vôtres .
RÉPONS
ORGUE