Le culte en video
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LE TEXTE DE LA PRÉDICATION
PRÉDICATION, par Robert Philipoussi
Quand nous allons à la rencontre d’un récit des évangiles qui a ce qu’on appelle des parallèles dans les autres évangiles, il est toujours profitable de lire Marc en premier.
Marc est le premier des évangiles à avoir été publié; ce qui veut dire que sa version n’a pas été recouverte, quelques décennies plus tard, par toutes sortes d’autres intérêts liés à d’autres contextes de publication. Quand Matthieu reprend cette histoire que nous avons entendue, la femme n’est plus grecque d’origine syro-phénicienne- ce qui ressemble simplement à une description factuelle- mais cette femme devient «Cananéenne» , ce qui est non seulement anachronique mais correspond à l’intention supérieure de l’évangile de Matthieu de convaincre des communautés directement issues du judaïsme, des gens qui ont été bercés par les légendes autour des guerres de conquêtes d’Israël.
Matthieu réactive l’ancien conflit Israël/Canaan pour faire apparaître, paradoxalement, la foi – mais en filigrane on parle bien de soumission-d’une étrangère. Ce qu’elle n’est d’ailleurs pas, puisque c’est bien Jésus qui est, ici, un étranger.
Marc ne procède pas du tout ainsi. Quand Matthieu mettra dans la bouche de Jésus cette parole: à l’adresse de la femme « Femme, ta foi est grande », il va insiter sur la foi, donc la conversion de cette présumée Cananéenne. Alors que Marc lui, avait écrit: «A cause de cette parole, va» . Il n’est plus question de foi, il est question de parole pertinente.
Cette introduction comparative n’avait pour objectif que d’inviter à bien distinguer les versions que nous avons, à cause de la tendance que nous avons aussi à souvent les mélanger ce qui fait que nous pourrions manquer leurs particularités respectives. Et ici c’est typique. Notre imaginaire aurait pu recouvrir la parole de Jésus dans Marc par ce fameux et habituel «ta foi t’a sauvé (ou sauvé ta fille) va en paix». Nous aurions pu croire qu’elle s’était convertie à la foi d’Israël via ce nouveau Messie Jésus. Or ce n’est pas le cas. Le mot «foi» n’apparait pas dans le récit de Marc. Jésus dans Marc, finalement, n’est finalement pas décrit comme étant en mission.
Jésus dans son récit se trouve simplement en territoire païen. Il y a une femme.
Elle est grecque Syro-phénicienne. Totalement non juive. Il n’y a pas chez Marc de tentative de retisser, ou de continuer une histoire ancienne.
Marc est l’évangile du commencement, il n’est pas l’écrivain d’une suite.
En abordant maintenant le récit pour lui-même, on peut d’ailleurs remarquer que l’introduction de Marc est très claire, il dit et il est le seul à le dire qu’ : Il entra dans une maison ; il voulait que personne ne le sache, mais il ne put rester caché.
La discrétion impossible: c’est un motif important dans l’évangile de Marc et qui apparaît sous diverses formes, parfois comiques. La maison, chez Marc, n’est jamais un refuge sûr. Elle est sans cesse envahie par la foule, la famille, les disciples ou les adversaires.
Cela en devient un phénomène littéraire presque touchant. Déjà parce que cela nous renvoie à nous-mêmes, qui pourrions parfois avoir envie de rester tranquilles mais qui constatons que cela s’avère impossible- et ce pour l’entiereté de note existence. Jésus est envahi comme nous le sommes parfois;
mais, au-delà de cet effet miroir du quotidien, il y a cette interrogation sur ce Jésus, qui semble finalement avoir été repéré, puis déniché, puis sorti de là où il est… et par qui, me demanderez vous? Hé bien la réponse est simple et vous la trouverez peut-être déceptive: par le narrateur, à savoir celui qui ose écrire: « il voulait que personne ne le sache», par celui qui décrit la plus intime de sa volonté et la publie pour le monde entier. Et au delà du narrateur, il y a ce désir profondément humain de ne pas laisser Jésus à son secret, il y a cette nécessité de le sortir, de le mettre en lumière, avec ou contre son gré. Et là, nous touchons à un repli profond de la théologie, qui décrit ce que nous faisons quand nous faisons de celui-ci notre Christ, avec– je le redis- ou contre son gré. Il y a dans les évangiles un côté tragique; mais le destin dans cette tragédie particulière n’est pas aveugle et froid; il est lié à notre besoin, je dirais notre vif besoin de salut, de libération, de beauté du geste, notre besoin d’éthique forte, notre besoin de sens et aussi notre besoin d’une figure pour le représenter correctement. Et c’est celui-ci que nous, peuple de Dieu, nous avons choisi et fait sortir de sa maison, dans laquelle il n’a pu rester caché.
Et ce peuple désireux que nous sommes, prend ici la forme d’une femme Grecque d’origine syro-phénicienne qui a une fille, et cette fille a un démon.
Je ne vais pas faire l’archéologie des démons – j’ai commis un article dans l’avant dernier numéro de notre belle revue «la feuille rose» et je vous invite modestement à vous y référer, si le cœur vous en dit. Mais disons simplement ici la banalité de ces êtres fluides auxquels tout le monde croyait, auquel Jésus croyait sans doute lui-même, des êtres invisibles et qui cherchent des hôtes et en voilà un qui s’est établi chez la fille, sans doute une petite fille, de cette femme venant déranger Jésus, de cette femme qui vient en éclaireuse sortir pour nous Jésus de son secret.
Elle va lui demander de chasser le démon de sa fille, mais le texte nous la présente subtilement aussi comme celle qui va faire sortir Jésus de sa discrétion.
Marc met dans la bouche de Jésus cette parole: Laisse d’abord les enfants se rassasier, car ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. Il s’agit de petits chiens, en l’occurence. Oui c’est péjoratif quand même.
Le pain des enfants, c’est le pain des enfants présumés légitimes, donc les juifs dont Jésus fait partie; mais ici Jésus vit un moment où tout va basculer, quand la question des «petits chiens» va devenir pour lui prépondérante.
Notons au passage que Matthieu, quand il va reprendre ce passage dépeindra un Jésus beaucoup plus fermé, je cite Matthieu : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël». Marc dit «laisse d’abord…». Difficile de ne pas préférer le Jésus de Marc ici, mais ce n’est que mon avis: tous les goûts théologiques sont dans la nature.
Laisse d’abord les enfants se rassasier, car ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens
Et la femme commet cette extraordinaire réponse d’une modernité d’une ironie et d’une fierté stupéfiantes :
Seigneur, les chiens sous la table mangent bien les miettes des enfants…
Déjà, elle répond, et sa réponse contredit Jésus. Alors qu’elle est dans la nécessité la plus vive, elle prend le risque immense de vexer ce guérisseur dont elle avait entendu parler et qui est le seul espoir pour la survie de sa propre petite fille.
Le commentaire habituel sur cette phrase insiste souvent sur la capacité de cette femme à s’auto dénigrer. Pour ma part, je n’y vois que de l’intelligence pure. Ce qui est confirmé par Jésus qui lui répond que c’est bien A cause de cette parole qu’elle peut aller, puisque, le démon est désormais sorti de sa fille. À cause de cette parole, et non pas comme Matthieu le dira, à cause de sa foi. Marc suggère: à cause de sa fierté, de sa force, à cause de sa bravoure, à cause et de son intelligence.
Cette femme devient dans cet évangile le moment expressif de la bascule qu’a opéré ce mouvement messianique juif vers tous les petits chiens de la terre habitée. Le moment où probablement Jésus mais en tous les cas, l’énergie évangélique a décidé de sortir de sa maison où elle avait d’abord décidé de rester cachée.
Ici, avec ce récit, nous sommes dans la genèse de notre être au monde en tant que chrétiens.
Nous sommes, nous ici présents pour ce culte, les enfants de la répartie de cette femme grecque et syro-phénicienne.
Bien entendu, les esprits bien rationnels diront que ce texte est une création a posteriori qui relate symboliquement le phénomène de sortie de l’évangile hors de son territoire originel. Pour ma part, je suis évidemment d’accord, mais je me dis aussi qu’il est encore plus rationnel d’imaginer que rien ne pouvant venir de nulle part, il est possible aussi qu’un jour il y eut cette anecdote. D’une femme ayant considéré Jésus comme son dernier recours pour sauver sa fille, une femme qui l’aura, ce Jésus, impressionné par sa repartie extraordinaire, si bien que celui-ci aura changé son point de vue – qu’il aura été converti par l’action de cette femme – et que ce point de vue a influencé ses disciples et que cette perspective nouvelle est devenue majoritaire: l’évangile va désormais être offert à tout un chacun.
Nous sommes la religion des petits chiens, mais nous sommes aussi les croyants à un évangile de l’intelligence qui bouleverse des situations réputées inamovibles.AMEN
LA LITURGIE
Orgue
Annonce de la grâce
Que le Seigneur qui nous accueille nous bénisse tous, dans ce moment de culte et pour notre existence, ici présents dans ce temple et en communion par internet. Bienvenus.
Accueil
Réunissons-nous avec le 1er chant du livret inséré au début du psautier.
Chant spontané : Bénissons Dieu le seul Seigneur Nous qu’il choisit pour serviteurs,
Levons nos mains dans sa maison, Pour bénir et louer son nom.
Louange :
Je loue le Seigneur comme je me surprends à remercier la beauté du Réel au-delà des folies des humains. Je remercie le Seigneur quand celui-ci devient ma boussole dans la nuit et ma secrète espérance dans les mauvais jours. AMEN
Psaumes 77 « L’âme de douleur atteinte », strophes 1, 2, 4
Volonté de Dieu
Je connais les projets que j’ai formés pour vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. Vous m’invoquerez, vous me prierez et je vous exaucerai. Vous me chercherez et vous me trouverez. Si vous me cherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous, dit l’Eternel (Jérémie 29)
Chant spontané
« Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str.1)
Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,Et les jours et les nuits.
Repentance
Notre Dieu, c’est ta présence que nous te demandons, non seulement pour cet instant de prière mais pour toute notre vie.
De notre i ingratitude comme de tout oubli des sentiers de justice, délivre-nous
De notre manque de générosité envers notre prochain, delivre-nous
De toute lâcheté, delivre-nous
De tout découragement, délivre-nous, Seigneur.
Amen.
Chant spontané
J’aime mon Dieu car il entend ma voix, quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
quand j’ai prié au jour de ma détresse, dans sa bonté il s’est tournée vers moi.
Annonce de la grâce
« Vous que j’ai pris à ma charge dès le sein maternel, que j’ai portés dès votre naissance ! Jusqu’à votre vieillesse je serai le même, jusqu’à votre âge avancé je vous soutiendrai ; je l’ai fait et je veux encore porter, soutenir et libérer. » (Ésaïe 46.3,4)
« L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. » (Psaume 34.19)
Chant spontané
Combien grande est ta gloire en tout ce que tu fais ;Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !Tes oeuvres sans pareilles ont réjoui mon coeur,Je veux chanter Seigneur tes divines merveilles !
Confession de foi
Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps.
Je crois au Royaume de Dieu, à l’amour plus fort que la mort.
Je crois à la vie éternelle.
Chant spontané
Grand dieu nous te bénissons , Nous célébrons tes louanges, Éternel nous t’exaltons
De concert avec les anges Et prosternés devant toi,- Nous t’adorons, Ô grand Roi !
Et prosternés devant toi,-Nous t’adorons, Ô grand roi !
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité ».
Lecture du passage de la Bible : MARC 7
24 Il partit de là et s’en alla dans le territoire de Tyr. Il entra dans une maison ; il voulait que personne ne le sache, mais il ne put rester caché. 25Car une femme dont la fille avait un esprit impur entendit aussitôt parler de lui et vint se jeter à ses pieds. 26 Cette femme était grecque, d’origine syro-phénicienne. Elle lui demandait de chasser le démon de sa fille. 27Il lui disait : Laisse d’abord les enfants se rassasier, car ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. 28Mais elle lui répond : Seigneur, les chiens sous la table mangent bien les miettes des enfants… 29Il lui dit : A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. 30Quand elle rentra chez elle, elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti.
Psaumes 65 «Vers Toi Seigneur vont nos louanges» strophes 1 et 2
Prière d’illumination
Ô Eternel, au moment où nous allons méditer les Ecritures, donne-nous d’y plonger nos visages comme dans une source inédite qui éclaircisse nos voix, libère nos conversations, nous autorise à parler et à écouter
Donne-nous, entre les pages ouvertes, de sentir craquer la jointure de notre monde, de sentir trembler les portes de notre monde,et les yeux soudain levés vers notre monde,d’entrevoir son ébranlement, de voir qu’il n’est pas fini.
Donne-nous d’être intrigués retardés dans nos courses fébriles ou apeurées, dans notre lecture trop rapide non seulement de tes écritures mais de nos existences, de notre temps, et de notre monde…
orgue
PRÉDICATION
Orgue
Cantique 175 « Adorons Dieu notre Père » strophes 1 et 2
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Orgue
Liturgie de Sainte Cène
Préface
Nous allons partager du pain, ensemble, sans nous demander aux uns et aux autres d’où nous nous venons, à quel titre nous sommes là et en quoi chacun croit. Nous allons faire cercle, et ce cercle sera signe de l’égalité à laquelle nous appelle notre frère Jésus qui est pour nous le Christ si nous le laissons entrer dans nos vies pour y apporter son salut.
Nous allons manger ensemble, comme les disciples le firent à la veille du suplice de leur maître et ami. Ce repas est signe d’une communion humaine où la solidarité a remplacé la concurrence, où l’amour du prochain a remplacé la méfiance.
Nous allons partagé le fruit de la vigne et le pain quotidien, signes de la simple subsistance, mais aussi d’une nourriture spirituelle à l’oeuvre en nous.
Le pasteur Wilfred Monod disait : « Ce pain et cette coupe sont au centre du monde pour nous ce matin, comme pour beaucoup de chrétiens qui célèbrent ce même repas en ce même jour : par le fruit de la vigne, par les épis de blé et le travail des hommes, nous nous souvenons de Jésus-Christ, qui s’est présenté à nous comme le Pain vivant, et comme la vigne. Il a vécu parmi nous, mais nous ne l’avons pas accueilli. Il a été trahi et mené jusqu’à l’abîme de la mort. » (fin de citation)
Que ce repas nous enseigne la vocation des enfants de Dieu et que jamais nous ne soyons de ceux qui défigure l’humanité.
Amen.
Spontané
Pare toi pour une fête, Ô mon âme tiens-toi prête, Monte plus haut que la terre
Vers la céleste lumière. Ton Seigneur t’offre une place Au grand banquet de sa grâce, Ce maître au pouvoir immense,Avec toi fait alliance.
Institution
Le soir venu, Jésus se mit à table avec les douze. Pendant le repas, il prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : “Prenez, mangez, ceci est mon corps.” Ayant aussi pris la coupe et rendu grâces, il la leur donna en disant : “Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance qui est répandu pour la multitude, pour le pardon des péchés. Je vous le dis, désormais, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père.”
Prière de communion
Père invités à ta table, nous faisons mémoire des paroles et des gestes de Jésus-Christ, de sa mort, de son relèvement, et dans la confiance nous te présentons notre monde. Nous te prions pour tous ceux que tu nous mets en mémoire.
Prière d’intercession (spontanée)
Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est àtoi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.
Chant spontané
Jésus, ta voix nous convie À ce festin de la vie, En ce lieu tout me retrace Les prodiges de ta grâce,
fais qu’aujourd’hui je contemple Tes charités sans exemple, Avant de me nourrir d’elles
À tes tables éternelles.
Invitation
Fraction
Communion
Cantique 150 « A toi la gloire », strophes 1 à 3
Bénédiction finale
Notre Seigneur Jésus-Christ dit: “Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Que votre cœur ne se trouble pas.” Allez sur le chemin de la vie, confiants dans cette parole! Le Seigneur vous accompagne et vous garde dans son amour. Amen
Chant spontané
Bénis, Ô Dieu nos routes,
Nous les suivrons heureux
Car toi qui nous écoutes, tu les sais tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi :
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.
Sortie / Orgue