L’ECCLESIASTE EN CHAIR ET EN OS

30/05/2026
10h00
Le samedi 30 mai, à 10H au Temple de l'Oratoire du Louvre à 10H sera donnée une lecture intégrale de l'Ecclésiaste, préparée par une petite équipe issue du groupe qui a étudié ce texte durant les 4 séances des précédents "partages bibliques éphémères", animés par le Pasteur Robert Philipoussi. Cette lecture sera ponctuée par une voix décalée qui dira une expression de notre réflexion collective et par des passages au piano. Cet événement "remplace" le Brunch Libéral indiqué dans votre feuille rose, mais sera suivi d'une discussion et aussi d'un repas partagé en salle Monod.

LECTURE PUBLIQUE DE L'ECCLESIASTE, 30 MAI, 10H, TEMPLE

L’Ecclésiaste, en hébreu « Qohelet » *

  • Un monument de la sagesse biblique, dont la composition date de la période Perse,  attribué au « fils de David, roi à Jérusalem » (Eccl. 1:1).

  • Concept clé : (hevel), décrivant la vie comme une vapeur fugace et insaisissable (Eccl. 1:2).

  • Réputé pour ses contradictions, mais dont la lecture dialogue montrera qu’il ne s’agit que d’un débat entre deux voix intérieures.
  • Connu pour des expressions qui ont traversé le temps: « Rien de nouveau sous le soleil »  « vanité, tout est vanité »,  « Il y a un temps pour tout »  » « Tout va dans un même lieu ; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière »  et un peu moins connus :  » mieux vaut un chien vivant qu’un lion mort » , « le fou parle » 
  • Impression à la première lecture : Tout est un éternel recommencement et « rien de nouveau n’existe sous le soleil » (Eccl. 1:9).

  • Un livre déroutant car il  se moque de la pensée des Proverbes et irait  jusqu’à réduire en fumée la démarche de Job.

  • Le nom Qohelet (קֹהֶלֶת) est un petit casse-tête linguistique qui donne au livre son caractère unique dès le premier mot. Voici le décryptage de sa forme et de son voyage sémantique.

    La forme verbale : Un participe intrigant

    Le mot est construit sur la racine hébraïque (קהל), qui exprime l’idée de « rassembler » ou de « convoquer ».

    • Le paradoxe du genre : grammaticalement, Qohelet est au féminin. Pourtant, le texte l’identifie clairement à un homme (le fils de David, le Roi).

    • Pourquoi le féminin ? Les linguistes suggèrent deux pistes :

      • Il s’agit d’un nom de fonction ou d’un titre officiel (un peu comme « Sa Majesté » ou « Votre Éminence », qui sont féminins en français mais désignent souvent des hommes).

      • Cela pourrait désigner la Sagesse personnifiée, qui est un nom féminin en hébreu (Hokhmah). NB: aussi en grec (σοφία)

    2. De l’hébreu au grec : La naissance de l’Ecclésiaste

    Le passage du nom hébreu au titre français que nous connaissons aujourd’hui s’est fait en deux étapes historiques majeures :

    • L’étape grecque (La Septante) : Au IIIe siècle av. J.-C., les traducteurs juifs d’Alexandrie ont cherché un équivalent pour l’assemblée hébraïque (Qahal). Ils ont choisi le mot grec Ekklesia (qui signifie « assemblée » ou « congrégation »). Celui qui s’adresse à cette assemblée est devenu l’Ekklesiastes.

    • L’étape latine (La Vulgate) : Saint Jérôme a simplement translittéré le terme grec en latin : Ecclesiastes.

    En résumé : on pourrait traduire Qohelet par « l’Animateur / Animatrice du débat », « le Prédicateur/la Prédicatrice » ou même « le/la Porte-parole ». Le terme « Ecclésiaste » a survécu par tradition liturgique et a donc été rendu complètement incompréhensible par nos contemporains. 

    Pour l’exprimer d’une façon plus profonde: Qohelet est celui/ celle qui FAIT l’assemblée!

    En grec= ek (ἐκ), « Hors de », « au-dehors », « depuis »

    kaleô  καλέω : Appeler »« convoquer »

    ek-klèsia: « les appelés au-dehors »

Contact