Les Nouvelles de l’Oratoire du Louvre
du 26 juillet au 1er août 2025
Et puisse être le ciel
Notre façon d’être,
Avec ombre et couleurs
Qui se déchirent
Mais dans la hâte même
De la nuée
Ont visage d’enfant
Qui vient de naître,
Foudre qui dort encore,
Les traits en paix,
Souriante comme avant
Qu’il y ait langage
Ces lignes-ci devraient-elles justifier ces quelques lignes-là d’un poète, Yves Bonnefoy, disparu il y a 9 ans? Devraient-elles tenter de les interpréter?
Et si, à notre envie de cheminer entre les lignes, elles n’étaient qu’offertes?
Et puisse être le ciel
Les chrétiens ont très tôt été désignés comme les adeptes du chemin (Actes 9/2).
Quel chemin? Pour en avoir une idée, il faudrait donc arpenter les Écritures. Celles-ci, malgré leur majuscule sont une littérature tout autant offerte. Et n’oublions jamais que sans nous, elles resteraient des lettres mortes, sacrées ou non.
Ce chemin serait donc celui de l’interprétation des textes mais aussi forcément de nous-mêmes. Puisqu’ils viennent de nous, ces textes parlent de nous et pour nous, y compris au travers des formes variées que nous avons utilisées pour nous représenter Dieu. Cela n’empêche pas les croyants d’y sentir passer la parole de Dieu mais c’est alors une rencontre par le truchement de ces écritures offertes. Celles-ci ne sont évidemment pas le « contenant » d’une parole qu’on espère libre de nos phrases, aussi belles soient-elles. Alors oui, nous errons sur un chemin peu balisé, avides de signes et de sens et nous continuons à marcher car c’est encore et toujours la vérité que nous aimons désirer.
Dans ces écritures, il y a celui qui dit « je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14/6). Dans cette formule ternaire, on voit la vérité venir se loger au beau milieu du chemin et de la vie. Cela fait penser à ce fils, entre un père et un esprit.
Quelle vérité? L’étymologie -certes contestée- du mot grec correspondant évoquerait le « non-oubli » (avec un « a » privatif et une référence au Léthé, le fleuve de l’oubli). Qu’aurions-nous donc oublié sur le chemin de notre vie pour en arriver parfois à ne plus espérer cette vérité ou même ne plus rien espérer de cette vérité?
Puisse être le ciel, dit le poète. Sur la terre, dit Jésus.
Chaque dimanche nous sommes invités à réciter ensemble un poème convoquant le ciel sur la terre.
Robert Philipoussi