Chères amies et chers amis,
Nous y sommes. Ce fameux creux d’année, entre la fête nationale française et la fête de l’assomption de la vierge Marie.
Paris se vide de nombre de ses autochtones mais la proportion des passants au culte pourrait augmenter. En tous les cas, le temple ne fermera pas.
Une pasteure est partie pour des vacances méritées – si tant est qu’on puisse évoquer le mérite dans une atmosphère protestante- mais des obsèques, une bénédiction de mariage et un culte ont tout de même jalonné les trois derniers jours avant son départ.
L’autre pasteur prend le relais et se tient disponible pour des entretiens, pour l’animation du partage biblique hebdomadaire et pour ce qui pourra arriver. Ce n’est pas ce temps quasi officiel de vacances qui va interrompre le flux d’une vie générale qui ne prend jamais de vacances. Elle ne semble d’ailleurs ne pas en avoir besoin, contrairement au dieu biblique qui, ayant créé cette vie (pour qu’elle lui échappe?), se reposa (ou se repose) en son 7e jour. Certains suggèrent qu’il nous y attend.
Nous savons comment et pour quelles raisons les chrétiens ont dans leur grande majorité abandonné non seulement le jour mais le principe même du sabbat. Calvin, se référant à Col. 2.16-17, présente le sabbat comme « l’ombre de ce qui devait advenir » et conclut « que toute observation superstitieuse des jours doit être loin des chrétiens » (Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, Livre II, Chapitre VIII, section 31). Doit-on être convaincu par les raisons invoquées ou ne sont-elles que des explications a posteriori d’un détachement naturellement mondain?
Augustin avait beau dire, à propos de la vie éternelle dans la Cité de Dieu : « Là sera vraiment le grand sabbat qui n’aura point de soir » (Augustin, La Cité de Dieu, XXII, 30), je ne vois pas le rapport. Le sabbat reste le commandement le plus explicitement mentionné dans toute la bible. L’interdiction du meurtre est beaucoup moins mentionnée. Si par ailleurs la référence à l’interdiction de l’idolâtrie est très fréquente, elle l’est souvent de façon allusive ou implicite. Ceci ne prouve rien mais pourrait néanmoins nous interpeler.
Si nous sommes tous bien d’accord avec Jésus qui dit, selon par exemple Marc 2, 27, que le sabbat est fait pour l’humain et pas l’humain pour le sabbat, cela n’implique pas qu’il faille renoncer à la nécessité de s’extraire régulièrement du flux. Peut-être que l’heure du culte devrait être ainsi envisagée et qu’il faudrait, cette petite heure, l’avoir en ligne de mire. Cela pourrait réellement nous aider à accomplir toutes nos tâches de la semaine ( il faut toujours rappeler ce préambule du verset 8 du chapitre 20 du livre de l’Exode: Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage). Il ne s’agit pas d’importer les scories de la semaine dans ce temps différent.
Notre invitée la pasteure Florence Taubmann présidera dimanche prochain ce moment nécessaire.
Nous ne sommes pas plus forts que la vie qui, depuis qu’elle se propage, n’a jamais eu besoin d’un temps de cessation (traduction du mot sabbat, nettement préférable à celle de « repos »).
Il s’agirait donc non seulement de prendre soin de notre corps, mais aussi d’inventer, même au milieu des vacances, des moments encore différents.
Bon été à chacune et chacun de vous.
Robert Philipoussi