Les Nouvelles de l’Oratoire du Louvre
Je suis souvent interpelé par la question de la définition du « Carême » chez les protestants. Il y a bien longtemps, je me contentais de répondre « ce sont des conférences sur France Culture » (en effet, vous pourrez y retrouver cette année la pasteure Nathalie Chaumet dès le 22 février ). J’avoue donc que je fais partie des protestants « embarrassés » par cette question. Comme beaucoup, j’ai entendu parler de ces cas judiciaires où des (anciens) protestants sont poursuivis pour avoir mangé de la viande et du lard les vendredis, samedis et jours de carême, avec description de plats de soupe « sur lesquels il y avait de la viande et du lard » et d’un gril couvert de côtelettes en cours de cuisson. Il y a donc un dossier! De plus l’épreuve qui pourrait s’apparenter à une forme de carême pour Jésus ne se situe pas avant sa passion, mais avant sa pleine entrée dans le ministère. Enfin, le principe de la résurrection pourrait inviter à s’interroger sur un éternel retour liturgique. Où sommes-nous, théologiquement, avant ou après la Passion? À chacun de déterminer ce qui lui est le plus profitable pour la pratique de sa foi et de son espérance.
Robert Philipoussi